NATATION - Lors de la première journée des championnats de France, on ne parle que de la combinaison qui fait tomber les records...
L’attente n’a pas été très longue. Dans le bassin de Montpellier, les chronos sont tombés
dès la première journée des championnats nationaux. En quelques heures, treize records de France ont été battus dans la matinée. Treize nouveaux temps de référence, dont neuf en «Jaked». Une précision plutôt utile dans un sport où on ne dissocie plus le nageur de la combinaison qui l’habille.
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Mardi, on observait donc autant les nouveaux recordmans que ces morceaux d’étoffe, intégralement composés de polyuréthane pour une meilleure flottaison. Selon les organisateurs, il ne faut pourtant pas se tromper de vedettes. «Ce qu’il se passe autour de ces combinaisons est un épiphénomène à côté des cinq records battus dans la journée», note Yves Jarousse, le coordinateur de la compétition.
Un avis que ne partage pas beaucoup d'observateurs. «On touche le fond c'est ridicule. Il est temps de revenir à des courses d'hommes», a ainsi fulminé au micro d'Eurosport l'ancienne gloire de la natation, Franck Esposito, entraîneur à Antibes.
Chassés des tribunes
Agacé, le responsable de la compétition a été contraint de mettre à la porte deux représentant de la marque, lorsque ceux-ci vendaient à la sauvette leur produit miracle. Sans accréditation, les deux hommes arpentaient les tribunes VIP et vendaient les «Jaked» à 400 euros l’unité aux nageurs intéressés. Une pratique acceptée il y a quelques jours lors des championnats néerlandais et espagnol. Mais pas à Montpellier.
«Je leur ai demandé d’arrêter leur trafic, poursuit Jarousse. On gère une compétition, pas une brocante. Ces gens peuvent discuter avec les nageurs s’ils le veulent. Mais pour ce qui est de la finalisation de leur discussion, ça se passe en dehors du bassin. En plus, ils se sont procuré des invitations en tribune VIP. Et je ne sais pas d’où elles viennent puisqu’on ne leur en pas donné.»
«Il faut en profiter»
A Montpellier, seuls trois équipementiers (Arena, Speedo, Adidas) sont accrédités en plus de Tyr, le partenaire de la fédération française, pour vendre des combinaisons. Mais cela n’empêche pas la plupart des nageurs de plonger en «Jaked». «Ce qui est bien, c’est qu'elle est quand même accessible à tous, note Romain Barnier, l’entraîneur du cercle des nageurs de Marseille. Ce n’était pas le cas l’an dernier avec la Lazer (commercialisée par Speedo). Pour moi, c’est juste une innovation technologique. Il faut en profiter.» En pulvérisant le record de France du 50m papillon, Fred Bousquet, l’un de ses élèves, ne s’en est d'ailleurs pas privé.
Romain Scotto