Etudiants dépités cherchent université avec cours

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Publié le 17 avril 2009.

UNIVERSITES - Conséquence des grèves à répétition, certaines facs voient des étudiants les déserter. Témoignages...

Pour eux, la chose est entendue: il faut fuir à tout prix une université où les cours n'ont pas lieu depuis près de trois mois. Axelle, 22 ans, étudiante depuis deux ans en théâtre option lettres modernes à Paris-III (Sorbonne Nouvelle) est en colère. «J'ai fait le calcul, cela fait dix-sept semaines sans cours! C'est gravissime. Je vais quitter cette fac, mais pour aller où? C'est le même bordel à Nanterre, à Bordeaux ou à Rennes. Je voulais aller jusqu'au master, mais là, je songe à arrêter mes études, parce qu'à part apprendre à griller des saucisses près du piquet de grève... Je vais me constituer une culture toute seule, je ne peux plus compter sur la fac. Les grévistes pensent que le gouvernement détruit l'université, mais ce sont eux qui sont en train de la détruire!»

François, 24 ans, étudiant en troisième année à l'Institut d'administration des entreprises à l'université de Perpignan, réfléchit, lui aussi, à rejoindre un autre établissement à la rentrée prochaine. Il redoute notamment que son diplôme ne perde de la valeur. «Qu'est-ce que je vaux par rapport à un élève d'une grande école qui a eu un an de cours, et non six mois? Et puis l'employeur risque de penser que j'ai passé mon temps à faire grève.» Récemment, raconte-t-il, des banquiers et chefs d'entreprise sont venus sur le campus dans le cadre de rencontres avec les étudiants. «Ils sont tombés sur une fac en plein blocage. On a laborieusement trouvé un amphi. Comment voulez-vous qu'ils aient une image positive des élèves sortant des universités?»

L. de C.
PARENTS C’est une première: les parents des étudiants s’en mêlent. A Rennes-II, ils ont créé une association pour exiger la reprise des cours. «J’avais prévenu ma fille que cette fac serait régulièrement perturbée. Les bloqueurs font le jeu du privé, puisque nos enfants vont désormais voir du côté des écoles. Ils ont le sentiment, et nous avec, d’avoir un diplôme qui ne vaut rien, c’est dur», explique Guilaine Rimbourg, la fondatrice.
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