En 1789, Louis XVI ouvre en personne les états généraux à Versailles par une messe en présence de l'ensemble de la population: clergé, noblesse et tiers état. La comparaison avec les états généraux de l'outre-mer, qui s'ouvrent ce mercredi, paraît difficile: d'abord, Nicolas Sarkozy, qui les a lui-même convoqués en février dernier, au plus fort de la crise sociale antillaise, ne s'est pas rendu sur place pour donner le coup d'envoi, comme cela était prévu initialement. Ses conseillers évoquent un déplacement possible en Guadeloupe vers le 10 mai, sans certitude.
Boycott des syndicats
Ensuite, la population n'est que partiellement représentée, les forces syndicales très populaires - le LKP et le Collectif du 5 février en tête - ayant récemment annoncé leur intention de boycotter les débats. Dès lors, que peut-on attendre de ce qui se voulait «la plus grande consultation jamais réalisée outre-mer»? Les esprits chagrins, qui ont encore en mémoire les décevantes «assises de l'égalité sociale active et du développement dans les DOM», organisées en 1996, répondent: pas grand-chose. Les organisateurs évoquent, eux, un moment historique possible.
Au moins, les objectifs affichés sont-ils ambitieux: il est question de repenser la société ultramarine, régulièrement discriminée, de refondre son économie, tenue en partie par les békés, les descendants de colons, ou encore de mieux répartir les richesses. Exit les négociations sans fin pour une hausse de 200 euros des bas salaires ou une baisse des prix de l'essence et de la banane: l'heure est au brainstorming national. Pas sûr que cela suffise à résorber le malaise dans les DOM-TOM.