Quelques haussements d'épaules. Voilà ce qu'avait déclenché, place de la Mutualité à Pointe-à-Pitre, l'annonce présidentielle, mi-février sur RFO, de la tenue de ces états généraux. Deux mois plus tard, la population reste dubitative quant à l'issue de cette consultation.
• Antoine Franco, Réunionnais, retraité de l'éducation nationale «C'est de la couillonnisse, comme on dit en créole, ça ne servira à rien. Ceux qui organisent les débats sont ceux qui ont créé la situation déplorable dans laquelle nous sommes. Le grand problème de la continuité territoriale [le prix des billets d'avion] n'est pas posé. Comment voulez-vous développer le tourisme ici, quand un vol coûte l'équivalent de quinze jours dans un palace à Punta Cana, en République dominicaine? Ce ne sont pas ces états généraux qui permettront aux DOM de créer de la richesse, de se développer loin des aides de l'Europe et de la solidarité nationale. C'est de la démagogie pure, Sarkozy espère recueillir les voix des ultramarins.»
• Pierre-Édouard Picord, Guadeloupéen, journaliste «Je n'en attends pas grand-chose. Contrairement au LKP, je pense qu'il faut participer à cette grand-messe, afin de donner notre point de vue. Mais je ne suis pas sûr qu'elle permette de mettre fin à l'économie de comptoir et aux grands monopoles. A mon avis, le gouvernement espère surtout que l'on va demander plus d'autonomie car il n'a plus les moyens financiers d'entretenir l'outre-mer.»