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Redécoupage des circonscriptions: l'opposition dénonce un «tripatouillage»

Alain Marleix, secrétaire d'Etat à l'Intérieur, à la sortie du Conseil des ministres, le 17 septembre 2008 à Paris
Alain Marleix, secrétaire d'Etat à l'Intérieur, à la sortie du Conseil des ministres, le 17 septembre 2008 à Paris/Eric Feferberg AFP

POLITIQUE - L'opération est toujours sujette à caution et Alain Marleix, chargé par Nicolas Sarkozy de redécouper la carte électorale, n'échappe pas aux critiques...

Le projet du gouvernement, dans le cadre du découpage électoral, de supprimer 33 circonscriptions, dont 18 actuellement détenues par la gauche et 15 par la droite, suscite la colère de l'opposition, qui y voit «un tripatouillage» et «une absence d'impartialité» de l'UMP.

Ce projet a été dévoilé samedi à l'AFP par Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux collectivités territoriales, chargé du découpage électoral. Pour sa part, «Le Monde» a fait état, samedi, d'un projet portant aussi sur la suppression de 33 circonscriptions, mais dont 23 détenues par la gauche, neuf par la droite et un «mixte». «Une intox», dénonce Alain Marleix.

«Sanctuariser 200 à 250 circonscriptions»

Mais peu importe: les deux versions du projet irritent de toute façon le Parti socialiste. «On a l'impression que la droite est en train de chercher à sanctuariser 200 à 250 circonscriptions pour elle avec l'intention de rendre extrêmement difficile l'alternance», s'est exclamé Pierre Moscovici.

Pour lui, c'est surtout «la confirmation de la volonté de Nicolas Sarkozy de conserver le pouvoir envers et contre tout et envers et contre la démocratie s'il le faut». Et de dénoncer «l'appropriation du pouvoir par un homme, par un clan, par une équipe». «Là, on est dans l'Etat Sarkozy», a-t-il jugé.

Anticonstitutionnel

Alain Marleix s'est défendu samedi, faisant valoir que ce n'était «pas le gouvernement» qui désirait supprimer ces circonscriptions, mais «la loi en fonction des résultats des recensements de la population». L'article 3 de la Constitution stipule en effet que le suffrage doit être toujours «égal» et le Conseil constitutionnel l'a rappelé dans une décision rendue en 2007.

Dimanche, qualifiant de «slogans» les accusations des socialistes, Marleix a affirmé faire «un travail républicain», soulignant que le projet du gouvernement serait soumis au contrôle d'une commission, «une première», a-t-il dit.

Pas d'augmentation du nombre de sièges

La commission de contrôle des opérations de découpage, présidée par Yves Guéna, sera mise en place le 21 avril. Après transmission des projets d'ordonnance, la commission aura ensuite deux mois pour rendre ses avis. Le Parlement devra se prononcer définitivement avant le 8 janvier 2010, soit deux ans et demi avant les législatives de 2012.

Le découpage doit se faire à nombre de sièges constant à l'Assemblée (577), dont 11 pour les Français de l'étranger actuellement non représentés, avec un député pour 125.000 habitants contre 106.000 actuellement.
20minutes.fr (avec agence)
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