LOI CREATION ET INTERNET - Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement digère mal le rejet du texte...
Qu’on se le dise, Roger Karoutchi va mal. Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement ne digère toujours pas le
rejet d’Hadopi par les députés. Il a ainsi confié être «amer» et «comprendre la colère» de Nicolas Sarkozy car c'était «un texte important pour lui», dans
un entretien au «Parisien» paru ce lundi.
>> Notre dossier sur la Loi Création et Internet, dit loi Hadopi est par ici
«C'est sûr, poursuit-il, cela impacte sur nos relations. Quand on a un lien constant, régulier de fidélité et de loyauté, quand on a en plus le sentiment profond de faire le job à fond, on est forcément amer. Je vis très mal ce vote. Je suis sans cesse en train de réfléchir pour trouver des solutions afin d'éviter que cela ne se reproduise. En ce moment c'est sûr, je ne suis pas heureux.»
Il affirme avoir pensé démissionner après le rejet jeudi par l'Assemblée du texte internet, ajoutant que «si le président de la République avait souhaité (sa) démission, elle lui était acquise», a-t-il expliqué dans une interview donnée au «Monde».
La colère de Nicolas Sarkozy
Après le rejet du texte sanctionnant notamment le téléchargement illégal sur Internet lors d'un ultime vote de l'Assemblée, Nicolas Sarkozy aurait fait part de sa colère, selon plusieurs sources à l'UMP.
Les foudres présidentielles auraient particulièrement visé le patron des députés UMP Jean-François Copé et Roger Karoutchi, et dans une moindre mesure le Premier ministre François Fillon.
Comme on lui demande s'il a parlé avec Nicolas Sarkozy après le vote, le secrétaire d'Etat, proche du président depuis plus de trente ans, répond: «Non, j'ai appelé Claude Guéant (secrétaire général de l'Elysée, ndlr) et François Fillon. Ils savent parfaitement que je ne peux pas grand-chose au fait que des députés socialistes se dissimulent derrière un rideau rouge et bondissent au moment du vote.»
Incitations financières pour les députés
Roger Karoutchi assure également que s'il avait été là au moment du vote (il était au Sénat alors, ndlr) il «n'aurait pas eu le pouvoir de suspendre le vote comme certains l'affirment pour (lui) nuire». Il souligne en outre que «théoriquement 40 députés (UMP) étaient de permanence» pour le vote mais que «malheureusement seule la moitié est venue».
Pour lui, il faut «arriver à des incitations et des sanctions financières» pour éviter la réédition d'un tel scénario où la droite, majoritaire, se retrouve mise en minorité par l'opposition.
20minutes.fr