TOURISME - Winter X Bike, tyrolienne, plongée sous glace... au programme d'un week-end surchauffé au cœur des Hautes-Alpes.
Week end 100% adrénaline. Le cahier des charges transmis au comité départemental du tourisme des Hautes-Alpes est clair: un maximum de sensation en 48 heures. Direction Orcières, station qui mise de longue date sur les activités extra-ski. Samedi matin, on chausse les skis, pas de chance le plafond est plat, il commence à neiger. Direction, les chiens de traîneau pour une petite balade de quelques minutes qui me laisse sur ma faim (50€ le baptême pour 4 de 30 minutes). La faute à la météo, mais ce n'est que partie de remise. Les vingt-huit chiens de Philippe, le musher, me reverront, c'est sûr. Là, j'apprends que la nuit en igloo ne sera pas possible, encore les caprices du temps. Au programme, du ski, dans des conditions de visibilité médiocre. Pour le moment, nous en sommes à 1% d'adrénaline.
Le Snow Scoot, nouvelle sensation de glisse
Tiens, et si on essayait le Snow Scoot histoire de s'amuser un peu. Le Snow scoot, c'est une planche de surf coupée en deux, un cadre de vélo, on pose les deux pieds joints, les deux mains sur le guidon au centre et en route. Comment on fait pour monter en haut des pistes? Télécabine interdite, direction le télésiège, avec une petite appréhension. Comment faire avec un engin de 15 kilos au bout des pieds? Finalement, tout va bien. Passées les 15 premières minutes de prise en main, le plaisir de la glisse commence à poindre. La prise de vitesse étonne, il faut jouer avec l'arrière de ce scoot qui veut toujours passer devant. Pour s'arrêter, bah… planter les quarts (là on s'arrête net au risque de tomber). Ma solution, le pied gauche, comme avec un vélo sans frein. Au bout d'une descente, on se prend au jeu, se laissant griser par la vitesse. Au bout d'une heure et de deux descentes, on en a plein les bras, inhabituel à la montagne en hiver. Content de rendre l'engin et d'avoir essayé. Nous sommes passés à 10% d'adrénaline pour un coût raisonnable: 30€ la journée.
Snake gliss, sensations garanties
L'heure est venue de tester le snake gliss, une luge géante composée de quatorze éléments maximum. Alors que les pistes ferment, chacun prend sa luge, un casque et nous montons à 2150m, soit 300m de dénivelé en 10 minutes, batailles de boules de neige incluses. Chacun trouve sa place, sachant que ceux qui sont à l'arrière auront les sensations les plus fortes. Moi, je choisis le milieu. D'emblée, Thomas, le guide, met le turbo, avec descente en flèche et tête à queue dans une ambiance vraiment bon enfant. La sensation de vitesse est réelle, tout comme les coups dans le dos, vivement déconseillé aux dos fragiles. A l'arrivée on est recouvert de neige, mais ravi. Idéal pour finir une journée de ski, à prix doux: 10 € par personne. Le taux d'adrénaline est monté à 20% d'un coup.
Plongée sous glace, le grand vert
Dimanche matin, rendez vous est donné a 8h15 au pied des pistes. Il est prévu d'en faire l'ouverture avec les pisteurs. L'occasion de tout savoir des balises, des jalons, des déclenchements d'avalanche et du damage. Direction une piste bleue tout en haut, à fermer pour cause de brouillard, car très étroite. Ensuite une noire non damée, un rêve pour les fans de poudreuse. L'heure de la plongée sous glace est venue. Nous allons au Lac long, à 2500m d'altitude. Rodolphe, le maître des lieux fait la grimace, je ne suis pas rasé: vidage de masque à prévoir, l'étanchéité n'étant pas assurée par la faute de ma moustache. En plus je n’ai jamais plongé! Je suis tout de même autorisé à mettre l'équipement: une combinaison étanche de 5kg, des chaussons, des gants et une capuche, direction le spot pour le briefing. Mon moniteur m’explique comment respirer avec le détendeur, comment communiquer sous l'eau, comment avancer, que faire si mon détendeur givre (là, je dis oui, mais je n’ai rien compris). Il me montre le petit parcours et le grand, je me dis que le premier suffira bien. Un peu de bave dans le masque (on n'a rien trouvé de mieux contre la buée), la bouteille d'oxygène sur le dos, lesté de 12kg, il s'agit de plonger en basculant la tête la première, une petite boule à l’estomac. La combinaison est alors gonflée pour résister au froid. Bonne nouvelle, on n'a pas froid, pourtant l'eau est à 2 degrés. Ensuite on s'enfonce doucement à travers un trou d'1m20 d'épaisseur. Me voilà plongé dans un monde vert sans repères, anxiogène les 10 premières minutes, la tête collée a la glace. Une question me taraude: on fait quoi si il y a un problème? Nous cheminons le long d’une corde qui sert de guide, jouons avec les trous dans la glace, l’eau glisse comme des billes de mercure... Etrange et hypnotisant. Au bout de 20 minutes, le froid de fait sentir au bout des mains. Le temps passe vite sous la glace, finalement je n’ai pas envie que cela s'arrête. Nous avons plongé 24 minutes de plongée et je repars avec un diplôme entre les mains. 69€ le baptême.
Winter XBike, l'art de l'équilibre
L'après-midi, la météo n'est toujours pas clémente. Je décide donc d'essayer un autre OGNI (objet glissant non identifié): le Winter XBike (22 ou 27 € par jour selon le modèle). Là, c'est simple, vous prenez un VTT, retirez les roues pour mettre des skis à la place. Bien plus facile à apprivoiser que le Snow Scoot. Deux options: soit assis, c'est plus confortable, debout, plus rock n' roll. J'opte clairement pour la première solution, qui permet de s'arrêter plus facilement les pieds en avant. Car, le plus difficile est là: s'arrêter. Pour le reste, prendre de la vitesse est grisant, la sensation de glisse réelle, de quoi passer à 40% d'adrénaline.
Trajet en TGV, tyrolienne à grande vitesse
Lundi matin, enfin le temps permet d'essayer le
Roll'Air Cable, la plus grande tyrolienne d'Europe: départ à 2650m d'altitude pour 1,8km de descente en 1,20s à une vitesse maxi de 140km/h à une hauteur de 125m. Les chiffres donnent le ton. Au moment d'être accroché au câble, trois question (pas de problèmes cardiaques, d'épilepsie, pas d'opération du dos?) finissent de donner, soit envie de pleurer soit de plonger. Moi, je plonge. Me voilà suspendu par le dos, tête en avant, bras collés le long du corps. La prise de vitesse est rapide, le buit vite envahissant, donnant le sentiment d'être dans un réacteur d'avion (ce qui ne m'est jamais arrivé). Etonnament, la minute 20 secondes de "traversée" (38€) donnent le temps de profiter du paysage. De quoi atteindre le 70% d'adrénaline. Pour les 100%, rendez-vous est pris en été, pour un spécial air: planeur, parachute, parapente...
Christophe Joly