Federer bientôt les pieds sur terre?

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Publié le 7 avril 2009.

TENNIS - En plein doute, le Suisse n'aborde pas la saison sur terre battue dans les meilleures conditions...

Des pleurs sur le central de Melbourne, une raquette fracassée en plein match ou des défaites qui sonnent faux pour un champion couvert de titres. Ces dernières semaines, on retrouve le Roger Federer naturel et impétueux de ses débuts. A la fois émotif et bridé par son impatience d’écraser le circuit. De son propre aveu, le Suisse a disputé la semaine dernière l’un des pires matchs de sa carrière, en demi-finale à Miami face à Novak Djokovic. Son outil de travail, plié en quatre sous le coup de la colère, en est l’illustration matérielle.

«Cela fait très, très longtemps qu’on ne l’avait pas vu faire ça, constate Patrice Hagelauer, directeur technique au Team Lagardère. Bien sûr, c’est mauvais signe. Chez lui, cela veut dire que le doute s’installe.» Conséquence logique, une accumulation de fautes directes et de gestes de dépit. «On l’a bien vu, il s’est enfermé dans sa carapace, poursuit Hagelauer. Il s’est encore plus installé dans sa crispation. Dans le doute.»

Forfait à Monte-Carlo

Ce n’est pas un mystère, le numéro 2 mondial est un joueur troublé. Sur le court, il semble moins mobile et beaucoup plus lisible au service. On le voit aussi rendre les armes là où, quelques années en arrière, rien ne semblait l’atteindre. Fatigué, peut-être lassé, Federer n’a jamais semblé aussi démuni pour quelqu’un qui vise un 13e titre en Grand Chelem et aspire à retrouver sa place de numéro 1 mondial.



L’ouverture de la saison sur terre battue ne devrait donc pas le rassurer. Absent à Monte-Carlo la semaine prochaine (un simple «changement de programme»), il devra attendre quelques jours pour espérer se relancer. «Pour lui, il est plus difficile de gagner sur terre que sur une surface rapide, mais comme il y est moins attendu, on ne sait jamais, nuance Patrice Hagelauer. Il peut être gêné plus facilement par pas mal de joueurs, mais en gagnant des matchs, il peut retrouver la confiance.»

Avec un entraîneur?

La solution pourrait aussi venir de l’extérieur pour celui qui n’a plus remporté le moindre tournoi depuis l’US Open, en septembre 2008. Récemment, John Mc Enroe lui a bien tendu la main, assurant qu’il savait comment l’aider à battre Nadal. Refus poli. Sur le sujet, le Suisse s’est déjà exprimé à Miami. «J’ai eu quelque chose comme cinq entraîneurs en deux ans, alors…» Alors, cela n’a pas changé grand-chose.

Selon Eric Deblicker, ancien coach de Richard Gasquet, «il a quand même besoin de changer son approche des matchs. L’apport d’un entraîneur pourrait lui faire du bien. Surtout en dehors du court, pour se redynamiser, se remobiliser d’un point de vue tactique. Il a besoin de cet électrochoc. Après, terre battue ou pas, il est capable de battre tout le monde. Il n’y a que contre Nadal qu’il a un vrai problème.»

Romain Scotto
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