Séquestration: Nicolas Sarkozy «ne laissera pas faire»

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Publié le 7 avril 2009.

POLEMIQUE - Tandis que Ségolène Royal s'est déclarée indulgente face à ce genre de pratique, à droite, on est choqué, et le Président a réagi mardi à Venelles...

L’ex-candidate à la présidentielle a fourni l’étincelle à un débat qui ne demandait qu’à s’embraser. Dans une interview donnée au «Journal du Dimanche» ce week-end, elle a estimé que les séquestrations de dirigeants permettaient à des salariés de se faire entendre, tout en soulignant leur caractère illégal. «Ce n'est pas agréable d'être retenu, et c'est illégal de priver quelqu'un de sa liberté de mouvement. Mais on ne les a ni brutalisés ni humiliés. Ceux qui sont fragilisés, piétinés et méprisés, ce sont les salariés à qui l'on ment, avant de les mettre à la porte», a déclaré la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes. Elle a reçu le soutien sans faille de son ancienne adversaire Martine Aubry, qui a déclaré «partager complètement» cette prise de position: «Nous ne comprenons pas, nous n'excusons pas, mais nous disons aussi qu'il y a des moments où des gens n'en peuvent plus.»

A droite, ces propos ont choqué. Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti et Yves Jégo, secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer sont tour à tour montés au créneau, entre samedi et lundi. «Tout simplement inadmissible», «incitation à la violence», «inacceptable», ont-ils respectivement déclaré. Nouveau rebondissement ce mardi matin quand Nicolas Sarkozy, en déplacement à Venelles, a déclaré ne pas vouloir laisser les séquestrations se poursuivrent: «Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'aller séquestrer les gens? On est dans un Etat de droit, je ne laisserai pas faire les choses comme ça», a-t-il déclaré.

Bayrou et Villepin soutiennent Royal

Mais dans le reste de la classe politique, la position de Ségolène Royal a reçu plusieurs échos positifs. Y compris dans les rangs de l’UMP, auprès de l’ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, qui continue de faire entendre sa différence. «Je ne crois pas qu'elle (Royal) justifie en aucune façon la violence envers les patrons», a-t-il déclaré, faisant valoir la «différence entre comprendre, ou craindre qu'à un moment donné une violence ne monte, et la justifier.»

Le leader du MoDem François Bayrou a lui stigmatisé les rapprochements entre «les vraies violences avec des moments de tension qui sont regrettables, sans doute, mais qui n'ont pas de caractère, pour l'instant, de gravité». «Toute violence doit être condamnée (...), mais il faut mesurer ce que cela révèle du climat social dans notre pays, d'inquiétude, de colère, souvent de sentiment d'injustice», a-t-il ajouté.

Les Français partagés

Ce mardi, «Le Parisien» a publié un sondage qui montre que les Français sont partagés sur la question. 45 % des personnes interrogées jugent «acceptable» l’action de séquestrer des patrons, tandis que 50% jugent que ce type d’action n’est «pas acceptable». Ce sont les partisans du MoDem qui sont les plus compréhensifs, devant même les sympathisants socialistes.
A.P.-V.
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