RUGBY - Alors que l'avenir du futur Jean-Bouin s’inscrit en pointillés, les rugbymen parisiens réaffirment leur attachement à leur stade, sans cacher toutefois une certaine lassitude...
Grand club cherche enceinte digne de son palmarès. La petite annonce ne date pas d’hier, mais revient à l’ordre du jour du côté du Stade Français alors que le tribunal administratif de Paris vient
de remettre en cause la convention par laquelle la mairie de Paris loue le stade de Jean-Bouin (dans le XVIe arrondissement) au club. De quoi mettre du plomb dans l’aile au projet
du nouveau Jean-Bouin (porté de 10 000 à 25 000 places), dont la crémaillère est prévue fin 2011.
Malgré les difficultés, les retards et les promesses qui tardent à se réaliser, les joueurs restent attachés
à leur vieux stade. «Je n’imagine pas l’avenir hors de Jean-Bouin», résume David Auradou qui a connu la période des pionners où le Stade Français comptait plus de personnes sur que autour du terrain. «Ici, il y a une ambiance à part, un peu à l'anglo-saxonne, avec un public de connaisseurs», poursuit l’arrière Nicolas Jeanjean.
«C’est un peu la Roumanie»
Les Parisiens balaient les solutions de rechange, Charléty ou le Stade de France en location à l’année, d’un revers d’une main. «Jean-Bouin, c'est mythique», confirme le pilier David Attoub. «C'est là que nos adversaires nous craignent. Pendant les travaux, il faudra bien aller ailleurs. Mais à terme, on n'y pense pas.»
Mais l’amour ne les rend pas totalement aveugle. «Niveau confort, c'est le strict minimum. C'est un peu la Roumanie», avoue le malicieux David Attoub entre deux considérations sur les vestiaires humides et les murs lézardés. Si ces contraintes structurelles font «un peu le charme du club», dixit l’arrière Nicolas Jeanjean, David Auradou craint, lui, que le flou actuel autour de leur stade – qui s’ajoute aux conditions d’entraînement indignes d’une formation du Top 14 – viennent gâcher «tout le travail entrepris depuis 15 ans». Effectivement, ça serait dommage.
A.P. et R.S.