OUTRE-MER - Il y pensait, il l'a confirmé...
L’un des responsables du LKP (collectif contre l’exploitation), Alain Plaisir, annonce à 20 Minutes que la décision vient de tomber. Le LKP, et à fortiori
Elie Domota, le leader charismatique du mouvement à l’origine des 44 jours de grève générale en Guadeloupe, ne participera pas aux Etats généraux de l’Outre-mer que Nicolas Sarkozy doit venir ouvrir en personne en Guadeloupe le 15 avril.
«Il y a eu un consensus rapide entre nous», explique-t-il. «Ces Etats Généraux ont été décidés par Paris. Ils ont fixé les thèmes, le calendrier. Nous ne voulons pas suivre les injonctions de monsieur Sarkozy. Nous sommes dans notre propre logique. Nous allons organiser nos propres Etats Généraux, avec la population et pas seulement des experts».
Boycottent-ils pour autant la
venue du chef de l’Etat sur leur île? «Cela n’est pas encore décidé».
Dans une interview au «Monde» fin mars, Elie Domota avait menacé de ne pas participer à ce qui se veut la plus grande consultation jamais réalisée outre-mer. «Nous ne savons pas à quoi servent les Etats généraux», déplorait-t-il alors. Il a mis sa menace à exécution.
«Il conduit son peuple dans un mur»
Contacté par 20 Minutes, Patrick Karam, délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, réagit en exclusivité: «Ce n’est pas un acte courageux de sa part. Il dénonce un certain nombre de discriminations et d’abus mais il ne se donne pas les moyens d’y remédier avec nous! C’est un calcul purement politicien. Il a choisi son mouvement, et non son pays. Les Guadeloupéens doivent ouvrir les yeux sur cette posture. Il conduit son peuple dans un mur».
Laure de Charette