Les candidats à l'agreg' piégés par les pannes de transport ne baissent pas les bras

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Publié le 8 avril 2009.

EDUCATION - Les incidents sur le réseau parisien ont fait des victimes collatérales, jeudi: plusieurs dizaines de candidats à l'agrégation, parfois pour deux minutes de retard, ont été éliminés. Xavier Darcos a dit qu'il ne peut rien faire...

Une épreuve de plus, imprévue, s’est inscrite au programme du concours de l’agrégation: la perfide épreuve de «transports en commun parisiens», éliminatoire avant même d’avoir pu s’asseoir devant sa feuille. Désormais, les candidats lésés se sont regroupés au sein d'un collectif. Le combat pour sauver leur année sera rude, car Xavier Darcos a déclaré cet après-midi ne pas vouloir faire repasser l'épreuve : «Les candidats sont convoqués trois quart d'heure avant le début des épreuves, a commencé le ministre de l'éducation. Et il se trouve qu'à Paris 28 d'entre eux sur les 7500 candidats sont arrivés en retard. Ils n'y sont pour rien, je le sais, mais il est hélas impossible d'imaginer qu'on les ait accepté au-delà de l'heure d'ouverture du concours ou de refaire passer toutes les épreuves, a tout le monde dans toute la France, dans toutes les épreuves concernées. Nous ne pourrons pas trouver de solutions qui soient favorable à ces retardataires dont je ne peux rien dire d'autre que je suis désolé pour eux.»

«Ca me fait un peu rigoler, réagit Marianne pour 20minutes.Fr, alors qu'elle fait signer une pétition devant le centre d'Arcueil. Quand je suis arrivée, nous étions au moins une soixantaine. Et il y a tout ceux qui ont du abandonner devant les difficultés de transport ou quand le centre d'examen leur a dit au téléphone que l'épreuve ne serait pas retardée, que c'était fichu pour eux.» L'étudiante en anglais défend l'idée que «personne ne pouvait prévoir cette situation», et qu'il faut créer un précédent en permettant à ceux qui n'ont pas pu arriver à l'heure de «passer une épreuve de remplacement». Elle a affirmé la détermination des étudiants : «Il y a plein d'actions en cours, et ce n'est pas prêt de s'arrêter.»

Une année de travail «partie en fumée»

La déclaration du ministre est en contradiction avec les témoignages de candidats ou de proches de candidats lésés que publiait dès jeudi soir 20minutes.fr. Régis Augendre, dont la compagne Pauline passait l'agrégation de lettres modernes, raconte qu’«alors que l'information sur des problèmes de transport avait été communiquée au ministère de l'Education nationale, une mesure avait été donnée pour retarder le début des épreuves de 10 minutes dans les centres d'examen. Mais à Arcueil, l'information n'est pas passée! Le directeur du centre a avoué ne pas avoir appliqué les mesures.»

Marie Goupil, candidate à l’agrégation d’histoire, risque de voir partir une année de travail en fumée: «Parce que la circulation sur le RER B était interrompue, je suis arrivée cinq minutes en retard après avoir vraiment galéré pour en trouver un, l'entrée m'a été refusée, et je suis éliminée du concours. Mon indignation se porte autant sur la SNCF que sur la maison des examens qui, connaissant très bien la situation, n'a rien fait pour assouplir dans un cas exceptionnel, les règles du déroulement des épreuves.»

Levée à 5 heures mais éliminée

Ronald Rechnitzer raconte lui l’histoire de son amie Mariane, qu’il a amenée en voiture sur le lieu d’examen et qui est arrivée finalement à 9h02 au centre d’Arcueil pour trouver porte fermée. «Elle s’est levée à 5 heures, et fait toujours en sorte d’arriver au moins 45 minutes en avance. On a fait croire à certains élèves qui composaient que ceux qui avaient été bloqués par les pannes étaient dans une autre salle: ils ont été surpris de les retrouver à la sortie!» Il estime à une centaine les candidats lésés au total, toutes matières confondues. «Et encore, on ne compte pas ceux qui ont abandonné, découragés», ajoute Ronald.

Les candidats ont été reçus par le directeur du centre, qui entre deux petits gâteaux leur a gentiment expliqué qu’aucune solution n’était possible. Au final, ceux qui sont pénalisés sont ceux qui habitent loin du lieu d’examen, ou qui n’ont pas pu réserver d’hôtel aux alentours, complets depuis deux mois. Certains passent encore des épreuves en début d’après-midi. Ensuite, un rassemblement devrait avoir lieu devant le centre d’examen. Un fax a été envoyé jeudi à Xavier Darcos pour qu’il prenne des mesures.
Adrien Potocnjak-Vaillant
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