Suicides en prison: Quand Rachida Dati se fait boycotter

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Publié le 3 avril 2009.

PRISON - Contre toute attente, le psychiatre Louis Albrand a refusé d'assister à la remise, à la Chancellerie, de son rapport sur la prévention du suicide en prison...

Dati rhabillée pour l'été. Contre toute attente, le psychiatre Louis Albrand a boycotté jeudi matin la remise à la Chancellerie de son rapport sur la prévention du suicide en prison, un acte rarissime de la part d'un «chargé de mission» d'un ministre. Raison invoquée par l'expert: l'absence de «volonté politique» de Rachida Dati, sur le point de quitter le ministère pour codiriger la liste UMP en Ile-de-France aux élections européennes.

«Très inquiet sur l'évolution de la situation dans les prisons (115 suicides en 2008, et onze rien que pour la première quinzaine de 2009, ndlr), j'en appelle au prochain garde des Sceaux et au gouvernement pour s'attaquer sérieusement à l'humanisation» du milieu carcéral, a fait savoir jeudi le Dr Albrand.

Une attaque réfutée par la Chancellerie, qui a regretté une «polémique absurde». «Il n'y a aucun doute sur la volonté politique de la garde des Sceaux», a réagi son porte-parole Guillaume Didier, faisant état de son «incompréhension totale de l'absence du Dr Albrand».

Dans son rapport commandé en novembre 2008, le psychiatre à la tête d'une commission de vingt-neuf membres, présente une vingtaine de propositions : meilleure formation des personnels, création d'«une grille d'évaluation du potentiel suicidaire» de chaque détenu, mise en place d'interphones dans les cellules, bannissement des «points d'arrimage» (barreaux aux fenêtres, support TV...) pouvant servir à se pendre, etc.

Albrand a assuré qu'il ne laisserait pas «enterrer» son travail. L'un des membres de la commission a aussi mis en cause «l'interventionnisme» de l'administration pénitentiaire pour retoucher le texte de 155 pages.

Le praticien a surtout déplu en demandant des moyens supplémentaires, «ce qui n'est pas recevable pour le ministère», a commenté Céline Verzeletti, de la CGT, l'un des trois principaux syndicats pénitentiaires à avoir appelé mercredi à un «blocage progressif» des prisons à partir du 4 mai pour dénoncer le «mépris total» de la Chancellerie.

 

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