Un aide-soignant en psychiatrie dénonce des évasions de malades dangereux

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Publié le 3 avril 2009.

VAUCLUSE - Suspendu de ses fonctions dans une unité spéciale après la fugue d’un patient, il raconte qu'il s'agit du septième incident de ce type. Sa direction dément...

La prison des fous dangereux. C'est ainsi qu'on appelle parfois les unités pour malades difficiles (UMD) des hôpitaux psychiatriques. Mathieu* est aide-soignant dans celle de Montfavet, dans le Vaucluse. Mais peut-être plus pour longtemps, puisqu'il a été suspendu, le 15 mars dernier, après l'évasion d'un patient. «La septième évasion ou tentative d'évasion depuis début 2008 dans mon unité, mais la première pendant mon service depuis neuf ans que je travaille ici», explique-t-il à 20minutes.fr. Sept évasions en un an, «sans compter celles des autres services»... Inquiétant quand on connaît le pedigree des patients accueillis.

Le dernier fuyard en était à sa quatrième évasion, mais n'était pas le plus dangereux. Il a d'ailleurs été retrouvé chez lui quelques heures plus tard. Les trois autres évadés sont décrits par Mathieu* comme «un vrai fada», un autre «complètement délirant» et un dernier «qui a déjà tué». De plus, Joël Gaillard, dangereux schizophrène évadé de l'hôpital Edouard-Toulouse de Marseille en décembre dernier, et Monsieur D., patient de 2,04 m pour 140 kg, jugé «particulièrement dangereux» par le personnel de l'hôpital psychiatrique de la Conception (Marseille), sont passés par l'UMD de Montfavet. Un hôpital de haute sécurité… jusqu'à la mise en service des nouvelles unités, début 2008.

La direction dément en bloc

«Dans les anciens bâtiments, il n'y aurait pas eu de problème», estime Mathieu* qui dénonce le problème depuis plus d’un an et l’installation de son service dans les nouveaux bâtiments jouxtant le chantier. Le jour de l’évasion, «le mistral soufflait à 110 km/h et a tordu les tôles qui sécurisaient la cour de promenade». Suffisamment pour que le patient s'y faufile. Selon le soignant, le rapport du médecin expert de la Ddass du Vaucluse dépêché par la préfecture a conclu «à l'entière responsabilité de l'hôpital.» Il affirme qu'il était seul pour surveiller les patients. Une version que dément le directeur du centre hospitalier de Montfavet, qui assure qu'«il y avait forcément quatre agents, comme c'est prévu par notre règlement».

Contacté par 20minutes.fr, Jean-Pierre Staebler réfute toutes ces accusations en bloc. Le rapport de la Ddass? «Un mensonge». Les sept évasions? «Faux, le même patient a bien fait une tentative, mais a été repris 100 mètres plus loin». Tout juste consent-il à reconnaître que «le fait que la structure soit en chantier ne permet pas d'assurer la même garantie architecturale de sécurité» que d’habitude. Pour lui, même s'il «ne préjuge pas de la culpabilité de l'agent», il y a sans doute eu négligence: «pour tordre ces tôles, il faut une pression énorme. Le mistral n'a pas pu faire ça». Un homme seul le peut donc, en quelques minutes? «Un patient déterminé est capable de beaucoup de choses». Raison de plus pour améliorer la «garantie architecturale de sécurité».

* Le prénom a été modifié
Julien Ménielle
Trop fous pour la prison, trop dangereux pour l'hôpital
Les malades mentaux présentant un état dangereux majeur sont hospitalisés dans des structures psychiatriques spécialisées, les unités pour malades difficiles (UMD). Il n'en existe que cinq en France, dont celle de Montfavet, créée en 1947.
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