FOOT - Avec quelques semaines d'avance, certains s'activent pour préparer les transferts de l'été...
Son répondeur est saturé de messages, son agenda alourdi par les rendez-vous. Comme beaucoup d’agents de joueurs, Rudy Raba prépare depuis quelques semaines son mercato d’été. L’homme qui gère entre autres les intérêts de Kaboul, Diaby ou Armand, sait que pour être dans le coup le 9 juin, date de l’ouverture du marché des transferts, mieux vaut ne pas se réveiller trop tard. Les clubs préparent désormais leurs affaires en amont, dès le début du printemps. Une période de repérage discret avant les soldes d'été.
«C’est maintenant que ça se passe confirme Raba. Chaque club sait plus ou moins la position qu’il va occuper en championnat. On peut faire des prévisions. Des noms circulent dans tous les clubs. Ça s’active déjà pas mal. Si les clubs ne le font pas maintenant, ils seront pris de vitesse un peu plus tard.» Pour les joueurs aussi, qu'ils soient en fin de contrat ou désirent voir ailleurs, il n’est pas inutile de se positionner avec un peu d’avance.
Calculs et déstabilisation
Il y a dix jours,
Yoann Gourcuff ne s’est pas rendu innocemment à Lorient pour voir évoluer l’équipe de son père. Au stade du Moustoir, le meneur de jeu bordelais a croisé Alain Migliaccio, l’homme qui gère les intérêts de Zidane ou Ribéry, au moment où
son avenir proche tient en haleine toute la Ligue 1. Toujours à Bordeaux, un autre milieu de terrain, Fernando, ne fait plus mystère de ses contacts avancés avec le PSG.
Pour Frédéric Antonetti, ces rumeurs de transfert peuvent déstabiliser un groupe à l’amorce du sprint final. «Forcément, ça perturbe. Une fois qu’un joueur s’engage avec un autre club, ses performances sont moins bonnes. C’est humain. J’ai vu ça avec Ederson qui s’est engagé très tôt avec Lyon. Il n’a plus jamais été le même fois qu’il a signé. Il a fait six bons mois et puis plus rien.»
«Protéger les joueurs»
Reste que la plupart des joueurs à l’avenir incertain ont tout intérêt à soigner leurs stats à quelques semaines de l’ouverture du mercato. «Surtout que cette année, on se dirige vers un marché très calme», note Franck Belhassen, l’agent de Zoumana Camara, Mateja Kezman et Didier Zokora. «Il y aura des mouvements, bien sûr, mais on doit s’attendre à des transactions à faible prix».
Légèrement plus optimiste, Rudi Raba s’attend lui à une période toujours propices aux mouvements de joueurs, malgré la crise économique. «Les deux derniers mois sont capitaux. Dans le finish, en tant que joueur, on essaye de se valoriser. Nous, on est là pour les protéger. Cette année, ça devrait encore bouger. Un club vend, il réinvestit. C’est l’effet domino qu’on retrouve chaque été ou plus tard pendant le mercato d’hiver.» Déjà une autre fenêtre à préparer.
Romain Scotto