Caterpillar: les quatre cadres libérés

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Publié le 1 avril 2009.

GRENOBLE - Les salariés attendent des négociations pour empêcher la suppression de 733 postes...

Les salariés ont accepté de libérer les quatre cadres pour négocier. Les syndicats l'ont annoncé mercredi matin. Ils retiennent leur direction depuis mardi qui a passé la nuit «sur la moquette» dans les locaux du siège.

«Les négociations vont se poursuivre à la Direction départementale du Travail (DDT) avec l'intervention du siège européen du groupe à Genève, de l'Etat français et du siège américain du groupe», a déclaré aux salariés Pierre Piccarreta, délégué CGT. «La direction accepte de payer les trois jours de grève, c'est historique», a-t-il ajouté.

L'appel à Sarkozy

Un peu plus tôt dans la matinée, les syndicats de Caterpillar à Grenoble ont lancé un appel au chef de l'Etat et aux parlementaires européens pour qu'ils sollicitent des fonds européens en faveur de l'entreprise. Un appel commenté par le chef de l'Etat sur «Europe 1».

«Caterpillar, c'est une entreprise qui fabrique des engins de terrassement et qui travaille notamment pour les Etats-Unis, la chute de la demande est de 80%», a dit Nicolas Sarkozy. «Je vais sauver le site, je recevrai cette intersyndicale puisqu'ils m'ont appelé au secours d'après ce que je comprends, et on ne les laissera pas tomber», a-t-il affirmé. Un discours qui rappelle les promesses du chef de l'Etat lors de la fermeture de l'usine Arcelor Mittal de Gandrange en Moselle. Il s'était engagé à ne pas les laisser tomber non plus. L'aciérie a fermé définitivement ce mardi.

Une réponse politique forte et adéquate

«L'intersyndicale effectue cet appel solennel (...) afin d'effectuer dans les plus brefs délais une demande de déblocage de fonds prévus par le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM)», a déclaré Nicolas Benoît, élu CGT, lors d'un point presse au siège de l'entreprise. Ce fonds dispose d'une réserve provisionnée à hauteur de 500 millions d'euros par an pour «les victimes de licenciements», a souligné le syndicaliste en lisant une déclaration de l'intersyndicale.

>> A lire également: Interview: «Vers des conflit très durs au niveau local», ici.

Ce déblocage vise à «répondre à l'énorme attente sociale liée aux revendications des salariés et d'autre part soutenir la possibilité d'un redémarrage rapide de notre entreprise et de nos sous-traitants», a-t-il poursuivi. «Nous demandons qu'en cette situation exceptionnelle de crise, une réponse politique forte et adéquate soit apportée pour trouver rapidement une issue à la crise», a-t-il ajouté. «S'il y a de l'argent pour sauver les banques et la finance vous devez en trouver pour sauver les entreprises», a-t-il poursuivi.

Une nuit sur la moquette

Les quatre cadres étaient retenus par les salariés depuis mardi matin, dans les locaux du siège. Ils ont passé la nuit de mardi à mercredi dans l'entreprise, tandis qu'une reprise des négociations était toujours annoncée dans la matinée.

Une cinquantaine d'employés se sont relayés pour garder l'entrée du bureau où les quatre cadres, parmi lesquels le directeur général du site, Nicolas Polutnik ont passé la nuit, dormant «sur la moquette», a indiqué un employé. Mercredi matin, les employés leur ont apporté des «croissants», selon le même employé.


MD (Avec agence)
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