Un des cadres de Caterpillar libéré pour raison de santé

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Publié le 31 mars 2009.

GRENOBLE - Il était séquestré par des salariés en compagnie de quatre autres dirigeants...

Un des cinq cadres de Caterpillar-France, filiale du groupe américain de construction d'engins de chantiers, retenus depuis 8 heures par les salariés au siège grenoblois de l'entreprise, a été libéré pour raison médicale, ce mardi peu après 18h30. Il s'agit du directeur des ressources humaines, Maurice Petit, qui souffre de problèmes cardiaques. Il est sorti, sans faire de déclaration, sous les huées des salariés et dans une ambiance tendue.

Il était retenu avec ses collègues depuis le début de la matinée, a indiqué Benoît Nicolas, délégué syndical CGT. «On les retient dans le bureau du directeur et on est en train de discuter avec eux pour qu'ils ouvrent un comité d'entreprise pour débloquer les négociations», a-t-il expliqué. Le site fait l'objet d'un plan de restructuration passant par 733 licenciements.

>> A lire également: Interview: «Vers des conflit très durs au niveau local», ici.

Outre le directeur de l'usine de Grenoble, Nicolas Polutnick, un responsable du service du personnel et un responsable des produits européens sont également «retenus». Le cinquième cadre, un responsable des achats, «n'a pas de rôle dans les négociations» mais a choisi de rester, a précisé le syndicaliste. «Ils sont un peu abasourdis», a déclaré Benoît Nicolas. Selon lui, «il semble qu'ils n'aient pas de marge de négociations car ils n'ont pas tous les pouvoirs, mais je pense qu'on peut arriver à quelque chose».

«Notre priorité absolue est de trouver une solution qui garantisse la permanence de notre présence à Grenoble», a commenté Chris Schena, vice-président de Caterpillar chargé des opérations industrielles en Europe, Afrique et Moyen-Orient, cité dans un communiqué. «Les actions qui ont lieu aujourd'hui, menées par une petite minorité d'individus, ne nous aident pas à résoudre cette situation de manière positive», a-t-il regretté.


La direction ne cédera pas

Le directeur général de Caterpillar France, Nicolas Polutnik, a jugé ce mardi qu'il ne pouvait redonner une chance aux négociations en étant retenu par les salariés de Caterpillar, qui ont exprimé leur détermination à poursuivre leur mouvement. «On n'a pas les allées et venues libres qu'on pourrait s'attendre à avoir pour redonner une chance aux négociations», a déclaré Nicolas Polutnik aux journalistes que les élus syndicaux ont laissé entrer dans le bureau où iles cadres sont retenus.

«Pour négocier, il faut être en mesure de négocier. Un plan de sauvegarde de l'emploi est un processus complexe», a-t-il ajouté, en soulignant que l'entreprise souffrait d'une chute du carnet de commandes depuis le mois de septembre. «Il faut absolument que nous gardions les intérêts de l'entreprise sous peine de gérer non pas 733 (suppressions) d'emplois mais la totalité», a poursuivi le directeur, souvent interrompu par des salariés excédés.

De son côté, Alexis Mazza, délégué du personnel CGT, a indiqué avoir annoncé aux responsables retenus qu'ils allaient «rester là, dormir là», après l'échec d'une prise de contact.

Débrayage lundi


Benoît Nicolas s'était félicité lundi d'un débrayage toute la journée de lundi de «90%» des employés des deux sites isérois de Caterpillar, «un record historique» selon lui. La direction du groupe, qui compte 2.700 salariés en Isère, avait confirmé ce mouvement, qui touche quelque 400 ouvriers, selon elle.

Vincent Peillon, tête de liste PS pour les européennes dans le Sud-Est, a plaidé, lundi lors de sa campagne en Isère, pour la mobilisation d'un fonds européen en faveur de Caterpillar. «J'ai senti la désespérance des salariés», a-t-il confié à 20minutes.fr, par téléphone. «J'appelle au calme mais j'appelle également la direction à prendre en considération qu'il faut une vraie négociation», a-t-il souligné.

Le 13 mars dernier, les salariés de Sony France avaient procédé de la même manière en retenant leur PDG afin d'obtenir des négociations. Quelques jours plus tard, c'était au tour des salariés du laboratoire pharmaceutique 3M de séquestrer leur directeur dans un bureau de l'usine de Pithiviers.

MD (Avec agence)
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