POLEMIQUE - André Fort, dans un communiqué, «admet avoir commis l'erreur de parler de questions posées dans des études antérieures, sur la perméabilité du préservatif»...
L'Eglise continue sa drôle de croisade contre le préservatif. Après les
propos polémiques de Benoît XVI, ceux de l'évêque d'Orléans font grand bruit. Selon lui, il faudrait indiquer «fiabilité incomplète» sur les boîtes de capotes. Monseigneur Fort estime en effet que le dispositif n'est pas efficace car «la taille du virus du sida est infiniment plus fine que celle d'un spermatozoide».
Une explication scientifique pour le moins originale, mais surtout complètement erronée, qui a provoqué la réaction indignée, sur
France Info, du Docteur Philippe Arsac, spécialiste du sida. Le médecin a jugé ces propos «particulièrement dangereux» et a rappelé que la norme NF garantie la qualité des préservatifs. «Le virus ne passe pas a travers la paroi du preservatif.», a-t-il conclu pour mettre définitivement les choses au point.
Il s'explique dans un communiqué
Dans un communiqué, l'évêché d'Orléans explique ses propos. «Au cours de l'interview radiodiffusé, l'évêque d'Orléans a déclaré que le préservatif n'était pas absolument fiable. Il prenait alors en compte l'article publiée le 22 mars
par un quotidien national (l'Osservatore Romano, le journal du Vatican, ndlr) qui informait d'une étude précisant que le préservatif n'était fiable qu'à 97% dans les meilleures conditions d'utilisation et à 87 % dans les conditions telles qu'elles se présentent en Afrique (...). André Fort admet avoir commis l'erreur de parler de questions posées dans des études antérieures, sur la perméabilité du préservatif. Il prend acte des déclarations expertes des spécialistes, qui eux, attribuent ces échecs à d'autres causes».
Dans le communiqué, l'évêché assure toutefois: «Dans la lutte en faveur de la nécessaire éradication du sida, compter sur le préservatif et sur la recherche scientifique ne suffit pas.»
En réaction à ces précisions, Floriane Cutler, de l'association
Aides, s'étonne des chiffres cités par l'évêque: «Je ne vois pas comment on peut calculer la fiabilité du préservatif» et «présumer que cette fiabilité serait plus basse en Afrique est totalement infantilisant et faux si l'on se fonde uniquement sur les conditions d'utilisation». En admettant cependant que «la qualité des préservatifs est parfois plus basse sur ce continent».
J.M.