Il n'y a rien eu de nouveau du côté de l'accusation. Comme en première instance, les avocats généraux ont requis jeudi, devant la cour d'assises spéciale de Paris, la peine maximale contre Yvan Colonna : la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans.
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«Yvan Colonna est le tireur, l'exécuteur, le bourreau d'un serviteur de l'Etat», le préfet Claude Erignac, assassiné à Ajaccio le 6 février 1998, a affirmé Jean-Claude Kross, ajoutant que «si nous avions jusqu'à un doute infinitésimal de sa culpabilité, nous vous l'aurions dit». Requérant pendant près de quatre heures devant un box vide - Colonna et ses avocats boycottent le procès depuis le 11 mars -, son collègue Christophe Teissier a dénoncé «la chronique d'une désertion annoncée pour être ensuite exploitée politiquement».
Surtout, après presque deux mois d'audiences, l'avocat général a estimé qu'«aucun élément nouveau n'est apparu» lors de ce procès en appel. Exit donc les déclarations surprises du témoin Didier Vinolas, ancien fonctionnaire de la préfecture de Corse. Exit les deux témoins oculaires directs de l'assassinat affirmant que Colonna n'est pas l'homme qui a tiré sur le préfet.
«Un goût de sang dans la bouche»
Exit enfin Pierre Alessandri, un des membres condamnés du commando, qui, pour la première fois, a sous-entendu avoir balancé Colonna parce qu'il n'aurait pas voulu «aller avec nous», introduisant le scénario d'une vengeance contre une reculade de dernière minute du berger de Cargèse.
Après des débats émaillés de plusieurs incidents (un supplément d'information en cours d'audience, deux reconstitutions refusées, une cour traitée de «junte birmane» par un avocat de Colonna, une défense absente), le verdict, qui doit être rendu dans la journée, présentera forcément un aspect inachevé. Pour Gilles Simeoni, avocat du berger corse, il laissera même «un goût de sang dans la bouche de tout démocrate».