Eric Jousselin: «Il faut faire sa course à soi»

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Publié le 29 mars 2009.

MARATHON - Le chef du département médical de l'INSEP nous prodigue ses conseils, à une semaine du marathon de Paris le 5 avril...

Est-ce que tout le monde peut participer à un marathon?

Non, il faut en avoir les capacités. Le mieux est de s'entraîner au moins trois fois par semaine pendant l'année qui a précédé. Si on veut préparer un marathon, il faut d'abord faire des courses plus courtes: des semi-marathons, des 10km, des cross, de façon régulière et progressive. Sinon, on peut avoir des problèmes de pied, de tendon, de muscle, d'articulation. Il est aussi impératif d'avoir un certificat médical, sinon, pas de dossard.

Quels sont les risques si on n'est pas bien préparé?
Le risque majeur est cardio-vasculaire. C 'est ce qu’il faut vérifier avant. Après, il peut y avoir des risques de tendinites. Si on ne s'entraîne pas régulièrement en courant, on risque donc d'avoir mal aux muscles et aux articulations. Dans les jours qui suivent le marathon, on a un afflux de coureurs dans les cabinets médicaux car ils se plaignent de douleurs.

Comment s'alimenter avant et pendant le marathon?
C'est une alimentation quasi-normale. Dans les jours qui précédent, il faut systématiquement avoir un petit déjeuner, un repas le midi et un le soir. Pour les épreuves d'endurance, il faut mettre l’accent sur les sucres et sucres lents comme les pâtes ou les pommes de terre. Ne pas oublier de boire de l'eau très régulièrement pendant et entre les repas. Pendant le marathon, il est impératif de s'arrêter à tous les ravitaillements. On peut perdre jusqu'à deux litres d'eau à l'heure.

Comment faut-il s'habiller pour la course?
Il faut tenir compte des conditions climatiques. Si on est trop déshabillé quand il fait un peu moins de 10 degrés, c'est mauvais à cause de la sudation et du vent. Dans ces moments-là, beaucoup de gens sont victimes de diarrhées. Il faut se protéger du vent. Les femmes doivent avoir une brassière. Chez les hommes, on peut aussi avoir des problèmes de frottement du mamelon sur le maillot. Cela peut irriter et avoir des plaies cutanées. L'idéal est de se protéger le mamelon avec un morceau de sparadrap.

Comment un coureur doit-il gérer sa course?
Une fois que la course est régularisée, c'est-à-dire au bout de trois kilomètres, il faut rester à son allure. La seule accélération permise, c'est la ligne droite à l'arrivée. C'est tout. On ne doit jamais être essoufflé. Il ne faut pas se forcer à suivre quelqu'un et se raccrocher à lui si ça va trop vite. Il faut faire sa course à soi.

En cas de fatigue que faut-il faire?
Il faut ralentir et ne pas essayer de continuer coûte que coûte. Le problème, c'est que les gens veulent terminer le marathon. En cas de coup de pompe, il faut marcher jusqu'à ce qu'on récupère. Et à ce moment-là, en profiter pour avaler quelque chose de solide (barre de céréale, fruit sec, boisson...).

Recueilli par Bertrand Tang
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