La peine maximale, la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible de 22 ans, a été requise contre Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, ce jeudi devant la cour d'assises spéciale d'appel de Paris.
«Si nous avions jusqu'à un doute infinitésimal de (sa) culpabilité, nous vous l'aurions dit», a déclaré l'avocat général Jean-Claude Kross. Mais selon lui, Yvan Colonna était bien le tireur au sein du commando qui a tué le préfet Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio.
«Yvan Colonna est le tireur, l'exécuteur, le bourreau»
«On a tué un homme de chair et de sang, pas un symbole», a dit le représentant de l'accusation pour lequel «Yvan Colonna est le tireur, l'exécuteur, le bourreau», dénonçant sa «spirale folle du jusqu'au-boutisme intégriste».
Son collègue Christophe Teissier avait expliqué que «tous les éléments du dossier convergent vers la culpabilité d'Yvan Colonna» dans l'assassinat du préfet ainsi que dans l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud), dans la nuit du 5 au 6 septembre 1997.
Pour lui, «aucun élément nouveau n'est apparu» lors du procès en appel du berger corse, condamné en première instance fin 2007 à la perpétuité.
Peine de sureté
Comme en 1997, l'accusation a requis la perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans pendant laquelle le condamné ne peut pas demander un aménagement de peine ou une libération conditionnelle. En première instance, les juges n'avaient pas prononcé la sûreté de 22 ans.
Ayant quitté le procès en même temps que ses avocats, le 11 mars, Yvan Colonna n'a pas assisté au réquisitoire. Pas plus qu'il ne sera présent, vendredi, à l'énoncé du verdict.