POLITIQUE - C'est juste un avis, en passant, du père de Martine Aubry...
Interrogé ce jeudi matin
sur France Inter sur son candidat favori pour la présidence de la commission européenne, Jacques Delors, qui a occupé cette fonction pendant 10 ans (1985-95), a d’abord évoqué un Français, sans donner de nom. Après une relance de Nicolas Demorand, le socialiste a précisé: «Je verrais bien des gens comme François Fillon ou Alain Juppé». Sans donner plus de détails mais en précisant d'un sourire complice: «Si c'est la gauche qui gagne les élections européennes, vous me réinvitez» pour donner un nom de gauche.
De fait, la question d’un futur président français de la commission européenne (l
e nom de Fillon a déjà plusieurs fois été évoqué), n’est guère pressante. La reconduction pour cinq ans de José-Manuel Barroso
semble actée, sauf si les partis conservateurs du PPE (parti populaire européen) se prennent une dégelée aux élections européennes le 7 juin prochain. Tous les chefs de gouvernement conservateurs (Berlusconi, Merkel, Sarkozy...) ont fermement soutenu le représentant du parti social démocrate portugais (droite) la semaine dernière lors du sommet européen.
Surtout, une grande partie des socialistes européens (Gordon Brown, José Socrates, José-Luis Zapatero)
ne souhaitent pas s’opposer à l'ancien Premier ministre portugais, ce qui constitue une assurance tous risques pour Barroso. Et ce, «en dépit des plaidoyers du Parti socialiste français», a expliqué Jacques Delors sur France Inter. Les frontières politiques moins marquées au niveau de l’exécutif européen et les «compromis» nécessaires pour gouverner l'Europe peuvent expliquer que Jacques Delors, Bruxellois historique, avance le nom de quelqu’un d’un autre camp que le sien.
Président du comité de soutien à Vincent Peillon
Sur le terrain, il est plus que jamais au Parti socialiste. Delors a pris la semaine dernière la présidence du comité de soutien à Vincent Peillon, tête de liste PS pour les européennes dans le Sud-Est. «L'ensemble des membres de la liste se réjouit de ce soutien qui démontre la continuité de l'engagement européen des élus socialistes», avait alors affirmé Patrick Mennucci, directeur de campagne de l'eurodéputé.
Jacques Delors avait lui expliqué: «Comme à chaque élection, je sors de mon travail courant pour aider le Parti socialiste, quand on fait appel à moi. Il se trouve que Vincent Peillon a exprimé ce désir en accord avec la direction du parti, et c'est très volontiers que j'accepte de soutenir ce comité de soutien».
Le père de Martine Aubry lave bien son linge européen en famille.
M.Gr.