LIVRES - Le député UMP, dans un rapport, propose plutôt de réduire le nombre d'œuvres pilonnées...
Il ne faut pas modifier le prix unique du livre, recommande le
député UMP Hervé Gaymard dans son rapport rédigé à la demande de la ministre de la Culture Christine Albanel et présenté mercredi à l’Assemblée nationale. Cette
règle du prix unique, instaurée par la loi Lang de 1981, stipule qu’une fois le prix d’un bouquin décidé par la maison d’édition, celui-ci doit rester le même, «qu’on soit à Paris, dans une grande ville ou dans une zone rurale» ou «dans une Fnac, un hypermarché, une maison de la presse ou une librairie traditionnelle». Seule réduction de prix permise: -5%.
«Cette loi a rempli son objectif principal: que le livre soit accessible au plus grand nombre de citoyens», a déclaré Gaymard lors de son audition par la Commission des affaires culturelles et sociales de l'Assemblée.
Secteur majeur
Selon le député, le prix unique a permis le maintien d'un réseau de 3.500 librairies indépendantes en France, qui compte ainsi «plus de points de ventes de livres qu'il n'y en a dans l'ensemble des Etats-Unis». Dans son rapport, Gaymard rappelle que le secteur du livre est la première industrie culturelle en France, avec quelque 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, et fait vivre 80.000 personnes.
Booktracking
Néanmoins, le rapport de Gaymard ne dit pas qu’il ne faut rien changer. Il note l'urgence de réduire le pourcentage de retour des livres invendus, actuellement de 23% à 24% en France. Une réduction qui passe notamment par la mise en place d'un système de «traçabilité de la vente des livres», comme l’a fait récemment la Grande-Bretagne.
Concrètement, ce système informatisé (booktracking) relie les caisses enregistreuses où les ventes sont effectuées à un dispositif central. Ce comptage a permis de faire passer le taux d'invendus de 22% à 14% en Grande-Bretagne.
Moins de pilon?
Gaymard assure que ce système ferait baisser ce que l’on appelle, dans le jargon, le «
pilon». C’est le fait de supprimer les ouvrages invendus, car les stocker coûterait trop cher aux maisons d’éditions. Par an, on estime à près de 100 millions le nombre d’œuvres pilonnées en France.
Un fléau contre lequel s’était érigé, en mai dernier, le député Jean Dionis du Séjour,
proposant de solder, au bout d’un an, les ouvrages n’ayant pas trouvé acheteur à des rabais supérieurs à la limite de 5% fixée par la loi Lang. Une proposition pour l’instant rejetée. Ce dont le
Syndicat de la librairie française s’est félicité: «Hervé Gaymard souligne la pertinence du prix unique du livre et son actualité, y compris à l'ère d'Internet. En affirmant que cette loi est une véritable loi de développement durable, sur le plan culturel, économique et territorial, il en dresse, au bout de vingt-huit ans d'application, un bilan très positif, ainsi, rappelle-t-il, que la quasi unanimité des professionnels du livre, et recommande de ne pas la modifier.»
AA avec agence