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Deux journalistes de Rue89 convoqués par la police

Nicolas Sarkozy s'énerve sur un technicien son sur le plateau de France 3.
Nicolas Sarkozy s'énerve sur un technicien son sur le plateau de France 3./DR

JUSTICE - France 3 leur reproche d'avoir diffusé des propos de Nicolas Sarkozy tenus hors antenne sur la chaîne...

L’affaire de la vidéo montrant Nicolas Sarkzoy avant son interview le 30 juin dans le 19/20 rebondit. Le directeur du site Rue89, Pierre Haski, et le journaliste Augustin Scalbert sont convoqués le 1er avril prochain par la police après une plainte de France 3 pour «vol, recel et contrefaçon» concernant la diffusion sur Internet de propos tenus hors antenne par Nicolas Sarkozy.

Des journalistes de France 3 aussi
 
A la suite de cette plainte, le parquet de Paris avait également ouvert une enquête préliminaire, confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), selon l’AFP. Au moins deux journalistes de France 3 sont eux aussi convoqués le 1er avril à la BRDP, toujours selon l’AFP.
 
«On a donné une information légitime sur la personne du président de la République dans l'exercice de ses fonctions. Il y a des informations dans cette séquence qui sont intéressantes sur le personnage qu'il est et cela fait partie du droit à l'information», a fait valoir Pierre Haski à l'AFP, mercredi.

La presse solidaire
 
Dans un communiqué, Reporters sans frontières (RSF) a «dénoncé l'escalade judiciaire concernant des affaires liées à la notion de protection des sources». Rappelant que Nicolas Sarkozy avait «promis de renforcer la protection des sources», RSF souligne que «les procédures engagées contre des journalistes pour leur demander de révéler l'identité de leurs sources ne cessent d'augmenter».

La Société des journalistes (SDJ) de la rédaction nationale de France 3 et deux syndicats de la chaîne, le SNJ et le SNJ-CGT, ont protesté jeudi dans des communiqués contre la convocation de deux journalistes de France 3 par la police judiciaire.

La SDJ se déclare «choquée par ces convocations qui témoignent de l'empressement irresponsable de nos dirigeants à donner des gages de bonne conduite à l'Elysée». La SDJ estime «inadmissible qu'un groupe de presse comme le nôtre exige, par la voix de ses avocats, que nos confrères de Rue 89 dénoncent ceux qui leur auraient fourni ces images».

Pour sa part, le SNJ (Syndicat national des journalistes, premier syndicat de la profession) se déclare «totalement solidaire» des quatre journalistes convoqués, «se porte à leurs côtés» et «appelle toute la profession à faire de même», notamment en les accompagnant le jour de la convocation. Enfin, le SNJ-CGT souligne que les deux journalistes de France 3 convoqués sont des délégués du personnel, membre de ce syndicat. Il dénonce une «criminalisation de l'action syndicale» et une dérive «inquiétante» pour la liberté de la presse.


Sa. C. avec agence
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