«Paris Match» a été condamné vendredi par le tribunal de Nanterre à verser 16.000 euros à Ségolène Royal. L'ex-candidate à la présidentielle avait assigné l'hebdomadaire pour avoir publié des photos de la femme politique au bras d'un homme à Marbella, en Espagne.
«Discrétion relative»
Lors de l'annonce de l'action judiciaire, l'avocat de Royal, Me Jean-Pierre Mignard, avait cru déceler dans l'article du journal «une manière sournoise, insidieuse», de ramener la présidente de la région Poitou-Charentes «à une sphère people», alors qu'elle venait de se rendre pendant trois jours en Guadeloupe, en pleine crise. Tout en condamnant «Paris Match», la juge des référés a relevé dans son ordonnance que «l'étendue du préjudice invoqué doit toutefois être également appréciée à la mesure de la discrétion relative dont Mme Royal a entendu s'entourer, depuis de nombreuses années (...)». Le tribunal souligne «qu'il suffit à ce propos de relever que notamment ces derniers mois, à l'occasion de la parution de deux ouvrages, ou à l'occasion d'échéances politiques, elle a abondamment communiqué sur sa vie familiale avec ses enfants (...)».
Peu après l'assignation, l'hebdomadaire avait rédigé une mise au point de la rédaction publiée sur son site Web. «Pourquoi les photographes bienvenus pour couvrir sa présence à Pointe-à-pitre ne le seraient pas dans les rues de la station balnéaire espagnole? Arrêtons l'hypocrisie»
Royal avait obtenu du même tribunal le 12 mars dernier la condamnation de «Voici», «Closer» et «France Dimanche», pour la publication en novembre 2008 de numéros relatant, avec des photos, une prétendue relation entre Ségolène Royal et l'ex-auteur des Guignols de l'Info Bruno Gaccio.