Procès AZF: l'enquête en question

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Publié le 19 mars 2009.

TOULOUSE – Les premiers pas de l’enquête ont été disséqués jeudi devant le tribunal...

De notre correspondante à Toulouse

Affaire d’Etat ou simple erreur de communication aux balbutiements d’une enquête sur une catastrophe hors normes? Le tribunal correctionnel de Toulouse s’est penché jeudi sur l’enquête de «flagrance», celle qui a démarré dans les heures qui ont suivi l’explosion du 21 septembre 2001 et s’est terminée le 28 septembre, à l’ouverture de l’instruction judiciaire. La défense, et certaines parties civiles, considèrent en effet que la piste accidentelle a été trop vite retenue au détriment d’autres, celle de l’attentat par exemple. Avec, comme argument massue, la déclaration faite trois jours seulement après l’explosion par Michel Bréard,  le procureur de la République de Toulouse. Il privilégiait alors la piste chimique «à 99%» selon certaines sources, ou «à 90%» comme le montrent  les images tournées par France3.

Le magistrat s’en expliquera mardi prochain à la barre. Et comme ni Jacques Chirac, ni Lionel Jospin - qui avaient tous deux  évoqué la piste de l’accident dès le jour de l’explosion en l’assortissant toutefois de grandes précautions – n’ont  souhaité répondre à l’invitation, c’est Hubert Fournier, le préfet de région de l’époque qui s’y est collé. «Dans un contexte d’après 11 septembre, y a-t-il eu des discussions consistant à dire : avançons l’hypothèse accidentelle pour préserver l’ordre public?», lui a demandé de but en blanc le président Thomas Le Monnyer «Ma réponse est clairement non», a répondu le haut fonctionnaire.

Un enquêteur serein, un journaliste dubitatif

Cuisiné sur le même thème par un des avocats de Grande-Paroisse, il  a ajouté qu’il jugeait «fantaisiste» l’idée que «dans le cadre d’une société ouverte comme la nôtre un petit cénacle puisse se réunir pour décider de parler d’accident». Hubert Fournier a aussi indiqué qu’à sa connaissance, aucune menace terroriste ne pesait à l’époque sur AZF. «Aucune piste n’a été privilégiée», a confirmé un peu plus tard Marcel Dumas, ex-directeur du service régional de Police judiciaire (SRPJ). L’enquêteur a aussi reconnu que les propos du procureur «ont été trop excessifs, trop rapides» et même «embarrassants».

Marc Mennessier, journaliste scientifique du Figaro, en fait  toute une affaire.  Après sept ans d’enquête, la parution d’un livre, et avec beaucoup d’assurance, ce dernier émet les plus grands doutes sur la thèse officielle de l’accident industriel et la compétence des experts judiciaire. «Je ne comprends toujours pas aujourd’hui au non de quoi la piste malveillante ou terroriste a été exclue d’emblée», a-t-il lancé.

Les politiques ne se pressent pas à la barre

«Je ne suis détenteur d’aucune information de caractère particulier», a écrit Lionel Jospin pour expliquer son absence à la barre, dans la même veine que Laurent Fabius avant lui. Jean-Luc Forget, avocat de l’association des ex-salariés, a noté «les hommes politiques sont plus prompts à venir dans l’émotion du moment qu’à s’expliquer après».
Hélène Ménal
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