CYCLISME - Avant de disputer les Mondiaux de Pruszkow, le pistard Français s'indigne des conditions d'entraînement à l'Insep...
Vice-champion du monde du kilomètre l’an dernier, le pistard de l’US Créteil aborde ces championnats du monde avec un nouveau statut. Ambitieux dans l’équipe de vitesse, au côté de Grégory Baugé et Kévin Sireau, Michaël D’Almeida vise aussi une médaille en vitesse individuelle et sur l’épreuve du kilomètre. Avant de s’envoler vendredi pour Pruszkow, en Pologne, le coureur de 21 ans répond à 20minutes.fr…
Après les Jeux plutôt moroses des pistards français, vous vous sentez plus attendus en Pologne?
Attendus, on l’est. Mais moi, je fais toujours mon truc sans pression. Je ne me focalise sur aucun adversaire. Je me sens très bien et je sais que je peux faire mieux que l’année dernière. Il ne faut pas se poser trop de questions parce que de toute façon, sur la piste, on est seul et on se bat contre le temps.
Seul, sauf en vitesse par équipe où vous avez pris la place d’Arnaud Tournant. C’est un honneur?
C’est une responsabilité, pas un honneur. La place était vacante et je suis allé la chercher à la pédale devant des gars comme Mickaël Bourgain ou François Pervis. Ça s’est joué au chrono. C’est tout. Je mérite d'être là. Peut-être que dans quelques années, je dirais que c'est un honneur, mais là je ne le prends pas comme ça.
Que peut-on attendre de cette équipe?
On peut aller chercher un titre. C’est clair, on veut être champion du monde. Mais on n’est pas favoris. Le niveau s’est resserré. Ce n’est plus comme avant où les Français dominaient largement la spécialité. Là, on y va en tant que challengers. Face à nous, il y a les Allemands, les Hollandais et surtout les Anglais.
Qu’est ce qui explique la domination outrageuse des Anglais?
Ce sont les meilleurs en tout, tout simplement. Que ce soit au niveau de la recherche, du matériel, de la diététique… Ils ont de gros moyens financiers et ils savent quoi en faire. Ils le font avec du bon sens. Nous en France, on veut faire plaisir à tout le monde et au final, on est moins présents.
Vous voulez dire que la piste est moins bien traitée que la route?
Il suffit de voir nos conditions d’entraînement pour comprendre. Pour vous donner une idée, c’est comme si un pilote de Formule 1 s’entraînait sur une piste de karting. En France, on fait du rafistolage. La rénovation du vélodrome de l’Insep, on l’attend. Aux dernières nouvelles, ce ne sera pas avant 2013. Alors…
Après les Jeux, les performances des Britanniques ont éveillé les soupçons de dopage. Vous y croyez?
Non, je n’y crois pas. C’est trop facile. Comme ça on trouve des réponses aux questions qu’on se pose. Ils sont dominateurs, oui, mais pas ultra-dominateurs. On n’est pas si loin. Ils ont juste de l’avance parce qu’ils sont à la pointe dans tous les domaines.
Un mot sur le vélodrome de Pruszkow. Il vous rappelle de bons souvenirs…
Oui, c’est là-bas que je suis devenu champion d’Europe du kilomètre l’année dernière. Je connais très bien la piste. Elle est toute neuve et très belle. J'ai juste hâte de rouler dessus.
Recueilli par Romain Scotto