Une banderille de plus dans le flanc déjà sanguinolent des majors du disque. Le groupe Counting Crows a décidé de mettre un terme à son contrat avec Geffen Records, son label de 18 ans, aujourd’hui propriété d’Universal Music Group.
Sur son site, le groupe s’explique: «Internet offre des possibilités infinies, dont les seules frontières sont celles de notre imagination. Malheureusement, la direction où nous voulons aller et les opportunités que nous souhaitons poursuivre sont souvent deux choses que notre label ne peut pas autoriser».
Si le groupe remercie chaque personne du label, qui leur a «permis de connaître le succès», il n’a visiblement pas le même amour pour Universal. «Les choses ont changé. Geffen est désormais l’un des multiples labels d’un conglomérat», écrit-il encore.
Quelle direction? Le groupe donne un indice, en offrant à leurs fans une reprise live de Borderline de Madonna en téléchargement gratuit. Lors de la sortie de leur dernier album en 2008, Counting Crows avait déjà proposé deux titres sur ce modèle.
Les mauvaises langues diront qu’il s’agit là d’un coup pour faire parler d’eux, et que le groupe n’a pas connu un succès depuis leurs tubes Mister Jones et Colorblind. Mais leur dernier album, «Saturday nights and Sunday mornings», a plutôt bien marché dans les charts et Counting Crows remplit toujours les salles de concert.
Non, il s’agit là d’un pas dans la direction des Radiohead et autres Nine Inch Nails, pionniers dans l’expérimentions des nouvelles manières de distribuer leur musique.
Avec les ventes de disques en chute libre, les majors paniquent et tenter désormais de faire signer aux artistes des contrats «360», se prenant une marge non seulement sur la musique mais aussi sur tous les produits dérivés et les concerts. A côté, les artistes disposent désormais de pléthores de plateformes en ligne pour se passer d’intermédiaires (Jamendo, MyBandStock, GogoYoko etc.)
Certains embrassent la tendance. D’autres, comme U2, pleurnichent encore.
TechCrunch, relatant une conversation avec des patrons du disque, va plus loin et estime que d’ici deux ou trois ans, la musique sera complètement gratuite et uniquement un produit «d’approche» pour vendre des produits dérivés. Votre avis?