Le wi-fi, une belle avancée technologique? Pas si sûr, à en croire les associations, sénateurs et experts qui tenaient une conférence de presse au Sénat mardi, avant un colloque qui aura lieu sur ce thème le 23 mars. On connaissait la polémique sur les risques potentiels que certains reprochent à la téléphonie mobile et aux antennes-relais, notamment en termes de cancers. Place désormais aux soupçons concernant les réseaux wi-fi qui ont envahi les villes et les foyers français. Si aucune étude scientifique n'en a pour l'instant mesuré les dangers, les craintes sont nombreuses.
Des voisins européens prudents
«Ce qui est sûr, c'est qu'il vaut mieux opter pour la fibre optique, parce qu'elle n'émet pas d'ondes, explique Etienne Cendrier, président de l'association Robin des toits. Celles-ci peuvent interférer avec celles, naturelles, du corps. Chez soi, se connecter avec des câbles ordinaires reste donc la meilleure solution.» Michèle Rivasi, présidente du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem), dénonce le silence des autorités: «On devrait faire des études pour en savoir plus, mais rien n'est fait. On sait déjà que plus on est proche d'un émetteur wi-fi, plus la puissance est forte. Après, tout dépend de la sensibilité de chacun.»
Des employés de la Ville de Paris ont, par exemple, ressenti des symptômes d'électro-hypersensibilité à la suite de l'installation de bornes dans les bibliothèques, avec maux de tête, nausées et vomissements. En Allemagne et en Autriche, à défaut d'en savoir plus, les gouvernements ont adopté un mot d'ordre, basé sur le principe de précaution: éviter le wi-fi dans et autour des écoles.