Luc Ferry, Pascal Sevran, Alain Finkielkraut... récompensés par les Y'a bon awards

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Publié le 18 mars 2009.

PALMARES – Découvrez la liste des gagnants...

Les premiers «Y'a bon awards», des prix parodiques qui «récompensent» les pires propos racistes, ont été remis ce mardi soir, à Paris, à l'occasion de la semaine internationale d'action contre le racisme. L'association qui les organise, les Indivisibles, traquent les discours enfermant dans des catégories les individus en fonction de leur couleur de peau et les présupposés sur l'intégration liés aux origines. Voici la liste des gagnants.

Prix «Le bruit et l’odeur»

Luc Ferry, ancien Ministre de la Jeunesse, de l'Education nationale et de la Recherche, dérape sur l’immigration le 24 février 2006: «Tous les quatre jours, une femme meurt sous les coups de son mari. Est-ce qu’il s’agit d’un phénomène endogène européen ou de traditions? “Bats ta femme tous les soirs, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait”, c’est le fameux proverbe arabe. Donc est-ce qu’il ne s’agit pas de traditions importées?»  

Prix «Les envahisseurs»

Sylvie Noachovitch évoque ses préférences sexuelles le 13 juin 2007. Avocate dans l’émission de TF1 de Julien Courbet «Sans aucun doute» et alors candidate UMP dans la 8ème circonscription du Val-d’Oise, elle lâche: «Moi, mon mari peut dormir tranquille. Dans ma circonscription, il n'y a que des Noirs et des Arabes. L'idée de coucher avec l'un d'entre eux me répugne.» Des propos confirmés ensuite au micro de RTL par le journaliste Nicolas Poincaré, qui a, lui, entendu «répulse» au lieu de «répugne». Un détail qui n’enlève rien au caractère injurieux de tels propos.

Prix «Tu l’aimes ou tu la quittes»
Alain Finkielkraut, philosophe et écrivain, est interviewé le 17 novembre 2005 dans le journal israélien «Haaretz»: «En France, on aimerait bien réduire ces émeutes à leur dimension sociale, les voir comme une révolte des jeunes des banlieues contre leur situation, contre la discrimination dont ils souffrent, contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont des Noirs ou des Arabes avec une identité musulmane. Regardez! En France il y a aussi des immigrés dont la situation est difficile — des Chinois, des Vietnamiens, des Portugais — et ils ne prennent pas part aux émeutes. C'est pourquoi il est clair que cette révolte a un caractère ethnique et religieux.» Et d’asséner: «Les gens disent que l'équipe nationale française est admirée par tous parce qu'elle est black-blanc-beur. En fait, l'équipe de France est aujourd'hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l'Europe.»
 
Prix «Pour l’ensemble de son œuvre»   
Eric Raoult, député maire du Raincy. On ne peut pas tout citer mais les «Y a bon awards» ont retenu notamment cette sortie du 8 septembre 2007, lorsqu’ Eric Raoult trouve «logique et bienvenue» la visite de Rama Yade auprès des squatteurs d'origine africaine. «Que préfère-t-on: la matraque ou le dialogue? En respectant la coutume des palabres, elle favorise l'apaisement. Autre séquence remarquée dans le documentaire de Michaëlle Gagnet («Qu'est-ce qu'elle a ma gueule?») le 14 février 2006: Raoult répond à la question de Dogad Dogoui sur l'absence de Noirs au Parlement en demandant: «C’est pour un mariage blanc?»
 
Prix «A titre posthume»
Pascal Sevran, le 2 décembre 2006 n'y va pas avec le dos de la cuillère à propos de la propagation du SIDA: «Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leurs crimes en copulant à tout-va, la mort est au bout de leurs bites, ils peuvent continuer parce que ça les amuse, personne n'osera leur reprocher cela, qui est aussi un crime contre l'humanité: faire des enfants, le seul crime impuni. On enverra même de l'argent pour qu'ils puissent continuer à répandre, à semer la mort.»

Prix de l'Académie française
Yvan Rioufol, éditorialiste au «Figaro», retranscrit dans son ouvrage «Où va la France?» (éd. de Passy, 2008): «Si l’administration se contente de la carte d’identité pour reconnaître un Français, l’âme de la nation se nourrit de passions et d’idéaux partagés. Or la France chamboulée peine à se faire désirer autrement que pour ses sous.»

Il y avait enfin le Prix «C’est arrivé près de chez vous», décerné à un anonyme pour des propos qui ne sont pas tombés dans l'oreille de sourds. Ceux-ci sont racontés par un jeune comédien, Français, dont les deux parents sont Maliens, qui passe des castings pour des pubs. Mais n'est pas retenu. Quand il demande pourquoi à une directrice de casting, celle-ci lui répond:
«- Vous ne faites pas assez Africain.
- Cela veut dire quoi? Mes deux parents sont Maliens.
- Vous n'avez pas de grosses lèvres.»
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