Fillon: le retour dans l'OTAN, «un ajustement» pour «servir une certaine idée de la France dans le monde»

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Publié le 17 mars 2009.

POLITIQUE - Le Premier ministre a expliqué les raisons de ce retour devant les députés. Les sénateurs de gauche, eux, font la moue...

Le Premier ministre François Fillon a engagé mardi à l'Assemblée nationale la responsabilité de son gouvernement en défendant le retour de la France dans l'Otan qui ne constitue, selon lui, «qu'un ajustement» pour «servir une certaine idée de la France dans le monde».

«Pour audacieuse que soit cette décision, elle n'est pas tout à fait inédite», a expliqué Fillon, sous les applaudissements des députés garnissant avec parcimonie les rangs du Palais Bourbon. Avec ce retour, il a dit proposer «de sortir du statu quo», et changer «la donne dans la monde et en Europe», «nous tentons de saisir le cours de l'Histoire.»


Fillon a valorisé «cette indépendance de ton et d'action» qui est la marque de la France» et a évoqué «une relation toujours fraternelle mais jamais subordonnée avec les Etats-Unis». Il a estimé qu'avec cette réintégration complète dans l'Alliance, la France resterait «alliée mais pas vassale» des Etats-Unis.

«La gauche ne s'est jamais distinguée par son audace stratégique»

Le Premier ministre a défendu l'intervention en Afghanistan, où près de 3.000 militaires français sont engagés: «Le courage et le professionnalisme de nos soldats sont l'honneur de la France». Sur la lutte contre le terrorisme: «Nous voulons désarmer ceux qui appellent au choc des civilisations.» Quant à la Russie, «nous voulons qu'elle soit traitée comme un vrai partenaire européen.»

François Fillon a taclé les députés de l'opposition: «Il est toujours piquant de voir la gauche faire appel aux mânes du général de Gaulle, qu'elle a tant contesté quand il était au pouvoir.» Il a poursuivi sa charge contre «une gauche atlantiste quand il fallait être gaulliste». Le Premier ministre a fustigé cette gauche «attentiste»: «La gauche ne s'est jamais distinguée par son audace stratégique.» Une critique de bonne guerre, mais Fillon ne dit rien sur la véritable opposition qui l'a conduit à engager la responsabilité de son gouvernement: la quarantaine de députés UMP réfractaires à ce retour.

Sur de Gaulle et le symbole: «Les circonstances dictent les actes», et le Général le savait.

Les sénateurs de gauche dégoûtés

Pour Jean-François Copé, qui a succédé à Fillon au perchoir, il est dans «l'intérêt de la France de reprendre toute sa place dans le commandement de l'Otan». Il faut que la France, si elle engage des troupes, «participe aux décisions stratégiques». La France n'a jamais quitté l'Otan, a martelé Copé, qui a fait au passage la promo du livre de son collègue député Pierre Lellouche.

Laurent Fabius (PS) a ensuite pris la parole: «Je veux d'abord faire un compliment au Premier ministre: il faut beaucoup de talent pour évoquer pendant une demi-heure les raisons de la réintégration de la France sans évoquer les contradictions majeures derrière cette décision». Et d'abord, cette situation: «Vous dîtes: ce débat est décisif, mais la décision a déjà été prise et rendue officielle par le président de la République mercredi dernier.»


Au Palais du Luxembourg, les sénateurs de gauche ont quitté l'hémicycle du Sénat, ce mardi, refusant d'assister à la lecture de la déclaration du gouvernement sur l'OTAN pour protester contre l'absence de débat avec vote. Ils reprochent au gouvernement, dans plusieurs rappels au règlement, de mépriser la Haute-assemblée, et ont réclamé un débat avec un vote, avant de quitter l'hémicycle. Des discussions sur la politique étrangère du gouvernement est organisé le 25 mars au Sénat mais il ne sera pas suivi d'un vote.
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