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Les restaurateurs peinent à savourer leur victoire

« Depuis le temps qu'on nous l'avait promis ! C'est une très bonne nouvelle », s'est réjoui hier Eric Labbé, gérant de l'Eden, une brasserie de la capitale. Incrédules, les restaurateurs du 9e arrondissement de Paris peinaient à croire à la baisse de la TVA, et se montraient partagés sur l'usage qu'ils se voyaient en faire.

Eric Labbé voudrait en profiter pour augmenter les salaires de ses employés : « On est une petite structure, on ne va pas embaucher du personnel et on tire déjà les prix à la baisse. » D'autres préféreraient revoir leurs tarifs. Joël Spassevitch, qui dirige le restaurant la Pommeraie, a déjà sorti la calculatrice : « Cela ferait une baisse de 1,50 euros à 2 euros sur notre formule à 16 euros », estime-t-il.

Quant à Antoine Pourghannad, cogérant du Café Aventura, il préfère l'embauche : « En salle, on prend de temps en temps une personne en plus. Cette personne, on pourrait l'embaucher à plein temps. »

Mais l'optimisme ne règne pas forcément. Pour Stéphane Camus, responsable de salle au Grand Café, l'embauche ne devrait pas être la piste privilégiée alors que « depuis le début de l'année, on ressent une baisse de 20 % de l'activité ».

Même constat pour Marie- Josèphe Atanasio, gérante du restaurant Convivial : « Avec la crise, les gens vont moins chez nous et préfèrent les sandwicheries moins chères. Dans ce contexte, on n'embauchera pas, mais on va faire des plats plus sympathiques et moins chers pour reconquérir notre clientèle. » ■ Louis Moulin

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