REACTION - Le principal syndicat d'éducateurs judiciaires (SNPES-PJJ) n'est pas convaincu par les annonces de la ministre...
Même si l'idée d'abaisser la responsabilité pénale des mineurs à 12 ans a été définitivement écartée, le projet de réforme de l'ordonnance 45,
dont les grandes orientations ont été présentées ce lundi par Rachida Dati, laisse sceptique le principal syndicat d'éducateurs judiciaires (SNPES-PJJ).
«Le discours de la ministre reste relativement flou et vague, il va falloir attendre la proposition de loi», souligne Maria Inès, co-secrétaire du SNPES-PJJ et éducatrice.
«Laisser du temps au jeune»
«Il semble toutefois qu'elle garde la logique des propositions de la Commission Varinard, qui sont en rupture avec l'ordonnance de 45 sur la justice des mineurs», ajoute-t-elle. «Rachida Dati réaffirme ainsi, au prétexte de la progressivité de la sanction, une certaine automaticité de la justice, poursuit-elle. "Un acte vaut tant". On fait totalement abstraction de la situation globale du mineur, de son parcours de vie.»
Maria Inès déplore par ailleurs la rapidité de la décision judiciaire dans la nouvelle version du Code pénal pour les mineurs. «C'est sûr qu'il faut raccourcir les délais, mais pas le faire au détriment du temps nécessaire au jeune pour évoluer et s'approprier ce qui est fait pour lui», conclut-elle.
Recueilli par Catherine Fournier
Pétition Une pétition sur le Net (
www.quelfuturpourlesjeunesdelinquants.fr), lancée par des juges des enfants pour dénoncer «le "tout pénal" comme seule réponse» à la délinquance juvénile, avait recueilli ce lundi plus de 12.000 signatures.