A l'inverse de l'édition précédente, pour laquelle Israël était invité d'honneur et qui s'était déroulée sur fond de polémique et d'appels au boycott, la 29e édition du Salon du livre* s'est ouverte ce vendredi dans une ambiance détendue.
Cette année, un objet déchaîne les passions de la foule : le livre numérique. Normal, pour Phillipe Citroën, directeur général de Sony France, qui estime que « le produit est enfin abouti technologiquement, grâce à une capacité de stockage équivalente à 160 livres et à une bonne autonomie ». Le prix actuel de son Reader est lui aussi, bien abouti : 300 euros. « Pour le moment, le seul point négatif du livre numérique est le petit catalogue d'oeuvres disponibles. Environ 4 000. »
Du côté du livre « traditionnel », les grands éditeurs ont transformé leurs stands en véritables librairies, avec caisses électroniques et armées de vendeurs. Sandrine Dutordoir, responsable de communication chez Gallimard, concède qu'il s'agit là de « limiter la casse : les frais engagés sur les salons sont énormes, pas un seul éditeur n'atteindra l'équilibre. On est là pour l'image. » Il est vrai que la plupart des visiteurs ne viennent pas au Salon pour acheter des livres, mais plutôt pour rencontrer les auteurs, grâce aux séances de dédicaces. Et cette année, sans surprise, les plus longues files d'attente étaient celles d'Amélie Nothomb et Bernard Werber. ■ Dimitri Fonteix
* Porte de Versailles, à Paris, jusqu'à mercredi.