SKI - Le Français, 3e à Are samedi, remporte la coupe du monde de slalom...
Pas de calculs, une prise de risque maximale et au bout d’un ultime rodéo entre les piquets, ce globe de cristal.
Jean-Baptiste Grange l’avait annoncé. Pour s’imposer comme le meilleur slalomeur au monde, il ne devait pas se poser de question et skier comme il l’a toujours fait cette année, quitte à en payer le prix. Tout en fluidité, sans retenue et toujours à la limite de la rupture.
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A l'arrivée, sa prise de risque a payé. A 24 ans, il soulève et embrasse son premier globe de cristal, treize ans après le dernier Français courroné, Sébastien Amiez.
Le slalomeur de Valloire a donc résisté au retour de Kostelic, le seul skieur en mesure de le détrôner, après le passage de Pranger, hors du coup samedi. En tête depuis la première épreuve de la saison, qu'il avait remportée à Levi en novembre dernier, Grange avait abordé l'ultime étape avec 49 points d'avance sur le Croate. Il lui suffisait de monter sur le podium pour être assuré du trophée.
Dixième à l'issue de la première manche, il s’est payé le meilleur chrono du second tracé, loin devant Kostelic, finalement 12e, et juste derrière son pote Julien Lizeroux, deuxième à l’arrivée. Il y a quelques semaines, les deux hommes s'étaient juré d'aller chercher ce globe de cristal que Jean-Baptiste Grange avait effleuré l'année passée.
Pas de mental?
Dans la même situation, il avait laissé filé sont bien à Bormio au profit de Manfred Moelgg, en enfourchant en deuxième manche à quatre piquets de l'arrivée. Cettte fois-ci, l'enjeu était encore plus grand pour le leader des Bleus, auteur d'un zéro pointé aux Mondiaux de Val d'Isère en février, puis lâché par Svindal, Raich et Cuche au général de la coupe du monde.
Ces échecs répétés l'avaient touché et conduisaient invariablement à s'interroger sur sa capacité à supporter la pression dans les moments chauds. Un débat que son entraîneur Jacques Théolier n'a jamais vraiment accepté, défendant la solidité mentale de son coureur. «Il n'a jamais craqué. Au contraire, même. s'il est parfois passé à côté, c'est par excès d'engagement. Mais la consigne est toujours la même. Attaquer, ne pas être sur la défensive. C’est toujours la stratégie à suivre.» Samedi matin, c'était la bonne.
R.S.