Les amateurs de spectacle vivant se donnent rendez-vous à Eropolis

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Publié le 13 mars 2009.

REPORTAGE - Au salon de l'érotisme, les visiteurs préfèrent les shows aux gadgets...

Son stand, c'est entre les puces de Saint-Ouen et le vide-grenier. Un déluge de fluo gélatineux et de métal vibrant, tendance dernière démarque avant fermeture. Mais ce Néerlandais au prénom incompréhensible l'affirme bien haut: «Depuis deux ans que je vends des sex toys, mon business se porte toujours bien.»

Gros zoom

Pourtant, ça ne se bouscule pas devant son étal, pas plus que chez ses voisins spécialisés dans la lingerie. «1 euro le string, 5 euros les six», annonce le panneau devant le bac à dentelles. L'affriolant en mode marché aux primeurs ne fait pas recette. Au salon de l'érotisme, pour trouver du monde, il faut s'approcher du «grand podium», au fond du hall du parc des expositions du Bourget.

Sur la scène, Lisa Crawford, «la top model du X», anime le show. La grande blonde annonce Jenna, une autre grande blonde. Le spectacle commence, sur le podium, et dans la salle. Au premier rang, un petit homme rougeaud trépigne. Il sort son gros zoom et le fait coulisser frénétiquement en direction de la danseuse. Autour de lui, c'est une féerie d'écran de téléphones portables qui illumine les visages.

Du live et du hard

Jenna termine à califourchon sur un spectateur en transe. Sans transition, Lisa Crawford annonce la suite du programme: «Et maintenant, pour vous mesdemoiselles... Une renommée internationale, et en plus il a beaucoup d'humour.» Les efforts de l'animatrice sont vains, la foule s'ébranle et se rue vers la gauche de la salle et Mister Sly commence à se dandiner devant un parterre plus que dégarni.

La gauche de la salle? C'est là que se trouve la cabine dans laquelle on peut assister, moyennant 15 euros, au «tournage d'une scène de film X». Et comme «les photos et les vidéos sont autorisées», l'attraction fait le plein. Du live. C'est ce que veulent les visiteurs d'Eropolis. Du live et du hard, à en juger par la foule qui se masse devant l'entrée de la zone réservée aux plus de 18 ans.

Un intégral en cabine

«Hep hep hep, un intégral en cabine?» Elle est forcément majeure, cette stripteaseuse, mais ça ne saute pas aux yeux. Elles sont une bonne demi-douzaine à héler le promeneur pour un tête-à-tête dans l'isoloir. Un peu plus loin, c'est même dans une limousine qu'une grande blonde propose un effeuillage privé pour 25 euros. Pour 10 de plus, vous repartez même avec une photo «seins nus dans vos bras».

Sur scène, le spectacle reprend. Amal attend son tour. «Je suis prof de danse de formation», explique-t-elle. Elle précise: «Moderne et classique, mais j'y ai ajouté une touche d'érotisme.» Un peu plus tard, la jolie blonde donnera des cours de striptease aux visiteuses et aux visiteurs. A voir la foule qui revient en force au pied du podium admirer ses consoeurs, elle aura sans doute plus de succès que Sly.
Julien Ménielle
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