DRAME - Ce jeune Tunisien était décédé lors de son transfert au commissariat de Grasse en mai 2008...
Ils sont poursuivis pour «non assistance à personne en danger». Les fonctionnaires concernés, quatre policiers nationaux et un policier municipal, étaient présents aux côtés des deux policiers qui ont
maîtrisé le jeune homme le 9 mai 2008 après une rixe qui avait éclaté dans une agence du Crédit Agricole de Grasse. Hakim Ajimi était décédé après cette interpellation musclée. Ce drame avait causé une vive émotion dans la région.
«Il avait la face contre terre, trois policiers sur lui. J'ai entendu le jeune homme dire qu'il ne pouvait plus respirer, il était violet. Un des trois policiers lui a donné des coups de poing», avait raconté à l'époque à «Nice-Matin» un témoin, Ludovic Gérard, maître-chien à Cannes
Ces deux policiers ont reçu en décembre 2008 le statut de témoin assisté dans le cadre d'une instruction ouverte pour «homicide involontaire».
Compression thoracique et clef de bras prolongées
La famille de la victime continue de réclamer à l'encontre de ces deux agents un statut de mis en examen. Elle s’appuie sur l
es rapports d'expertise médicale selon lesquels la mort du jeune homme de 22 ans est due à une asphyxie mécanique consécutive à une compression thoracique et à une clef de bras pratiquées par les policiers avec trop de force et durant trop longtemps.
La parquet de Grasse avait estimé en décembre que «l'interpellation était nécessaire, de même que les techniques employées mais que c'est le défaut de maîtrise de ces techniques qui a entraîné le décès».
«L’impression qu'on s'occupe de détails en aval en oubliant les causes en amont»
Réagissant à la mise en examen des cinq policiers, l'un des avocats de la famille d'Hakim Ajimi, Me Franck de Vita, a dit son «impression qu'on s'occupe de détails en aval en oubliant les causes en amont et les responsables du décès que sont les deux policiers» ayant maîtrisé le jeune homme.
Il espère que cette nouvelle étape «puisse toutefois être un virage dans l'instruction et participe à la manifestation de la vérité».
Avec agence