Le soir venu, ils jettent des matelas au sol ou s'entassent sur les lits superposés. Sarah âgée de 41 ans* vit avec ses enfants dans un studio de 47 m2 à Paris, dans le 18e arrondissement. Au-dessus d'un cabaret qui crache de la musique toute la nuit.
«Les souris sont nos invités permanents», ironise-t-elle. La famille est menacée d'expulsion, à cause de 20 000 euros d'impayés de loyer.
Arnaquée par un escroc
Soutenue par la Fondation Abbé-Pierre, Sarah dit s'être fait «arnaquer». La voix pleine d'émotion, elle se perd dans les détails d'une situation inextricable. Pendant deux ans, elle règle 762 euros de loyer par mois, la moitié grâce aux allocations logement puisqu'elle ne gagne que 1. 000 euros comme auxiliaire de vie. Mais la propriétaire - qui s'avérera être un escroc, sans aucun lien avec l'appartement - cesse de lui fournir des quittances.
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Sarah continue à régler le loyer sans accusé de réception, puis cesse, au bout de neuf mois. «Je sais qu'un jour ou l'autre, je serai dehors avec mes enfants. J'y pense toutes les nuits.» Déménager? Impossible, il lui faudrait trouver un garant, avancer une caution. «En plus, la banque risque de saisir l'appartement car la propriétaire, la vraie, a des dettes. Je suis prise entre le marteau et l'enclume», explique-t-elle, tout en cherchant parfois ses mots.
Bailleur de mauvaise foi: 20% des cas de litige
L'Espace solidarité habitat, qui la suit, explique que dans près de 20 % des cas d'impayés, un litige a lieu avec un bailleur de mauvaise foi. Souvent, les travaux qui devaient être effectués ne le sont pas, alors le locataire ne règle plus. Sarah a le sentiment de «n'avoir aucun avenir». «Parfois, mes enfants me disent qu'ils rêvent d'une chambre à eux». Difficile d'entrevoir une issue positive pour la famille. A moins d'un apurement de dettes, accordé par la justice, qui remette les compteurs à zéro. Sarah n'a plus un sou de côté, «j'ai dépensé toutes mes économies pour aller enterrer mes deux parents en Algérie». Elle est insolvable. Et risque de tomber à la rue, avec ses enfants.
*Le prénom a été changé.