RUGBY - A 21 ans, le Toulousain s'impose comme l'arrière du XV de France...
Heureusement pour le rugby français,
Maxime Médard n’a pas suivi le mimétisme paternel jusqu’au bout. «J’aurais bien aimé faire 3e ligne comme mon père (joueur à Blagnac), mais mes parents n’ont pas dû me donner ce qu’il faut pour avoir le physique», regrette le Toulousain. «Mon père c’était un fou. Il se jetait la tête la première dans les regroupements» s’enthousiasme le rejeton au physique presque frêle (85 kilos et son 1,80m) pour les canons du rugby moderne.
Avec ses jambes de feu et ce grain de folie qui fait parfois trembler ses entraîneurs, difficile de passer à côté d’un destin d’arrière relanceur. Depuis sa première cape à l’automne dernier
contre l’Argentine, le prodige choyé par le Stade Toulousain s’installe peu à peu dans l’équipe type de Marc Lièvremont, à l'aile, puis à l'arrière. Après quelques performances mitigées, il desserre enfin le frein à main à ce poste contre
le pays de Galles. Le grand public découvre sous le maillot bleu les appuis ravageurs de ce garçon aux rouflaquettes très 70’s. Dimanche à Twickenham, c’est encore avec le 15 dans le dos qu’il sera convié à son premier Angleterre-France.
Ancien pilier de bar
Rencontré au lendemain du succès arraché face aux Gallois et d’une nuit aussi courte que ses crochets, l’intéressé relativisait sa performance: «Je n’ai pas encore réalisé un grand match avec l’équipe de France. Le sélectionneur me dit d’oser encore plus, de me lâcher comme avec le Stade Toulousain». Attaquer pour ne pas se mettre pas en danger, toute la philosophie toulousaine est ici résumé par un jeune homme de 21 ans.
A vivre sur ses acquis, le surdoué a pourtant failli se brûler les ailes. Champion du monde des moins de 21 ans en 2006, l’arrière tricolore admet aujourd’hui s’être quelque peu endormi sur ses facilités. Un temps égaré dans la douceur des nuits de la Ville rose, Médard est mis face à ses responsabilités par son manager, Guy Novès, en début de saison dernière. «Pilier de boîtes de nuit? C'était vrai à l'époque mais c'est une erreur de jeunesse que j'ai rectifiée», confesse-t-il. Le salut viendra d’un détour par la salle de boxe de Blagnac: «La boxe m'a permis de comprendre certaines choses. Elle m'a redonné le goût de l'effort.»
Depuis, Maxime Médard rattrape le temps perdu.
Un Bouclier de Brennus, l’essai de la gagne en finale, six titularisations chez les Bleus et le meilleur est encore à venir. Mais pour ce qui est de prendre la place de Thierry Dusautoir en 3e ligne, ça risque d’être plus compliqué.
Alexandre Pedro