REVUE DE PRESSE - Stupeur et indignation dominent après les annonces du plus grand groupe français par les bénéfices...
Il trouve ça «scandaleux». Il l’a dit et redit Laurent Wauquiez, mais cela n’a pas atténué le choc de la double annonce de Total, deux salves de suppressions de postes dans la pétrochimie et le raffinage. Le «Dauphiné Libéré» se coule ce mercredi matin dans son sillage: «Le secrétaire d'État qui n'est pas connu pour ses excès de langage, a choisi un mot tout simple qui est, pour une fois, à peu près identique à celui qui vient à l'esprit du personnel et des syndicats: "scandaleux". Comment ne pas y souscrire, en effet?»
Au delà du scandaleux, l’éditorialiste du quotidien régional cherche ses mots: «Comment appeler cela? Un indécent ricanement au nez de la crise? L'insoutenable légèreté d'une gestion? Ou le cynisme érigé au rang des composantes industrielles de notre époque?»
«Ca va trop bien, licencions!»
«550 suppressions de postes pour 14 milliards de profits en 2008. Comprenne qui pourra», s’interroge «Paris Normandie» et son éditorialiste circonspect.
Parce qu’elle a mal au cœur, la plume de «Vosges Matin» ironise : «Ca va trop bien, licencions!» Avant de constater ce qui est peut-être le dégât principal de cette décision: «L’admonestation gouvernementale restera une nouvelle fois de pure forme face à ces colosses sans états d'âme.»
Le «Républicain Lorrain» est lui véhément, il tance Total et le totalitarisme de ces actionnaires. «Cinq cents suppressions de postes sans licenciement sec, c'est dérisoire face à la vague de destructions d'emplois enregistrée en janvier, ainsi qu'à celle attendue pour février. Mais comme tout tient à la symbolique en cette période d'inquiétude généralisée, la décision du groupe relève de la provocation en regard des profits réalisés l'an dernier et d'une image déjà ternie par l'affaire AZF dont le procès se tient actuellement.»
«Des gens aussi intelligents ont rarement fait aussi stupide»
Outré, le quotidien mosellan enfonce le groupe pétrolier dans une mare sombre et honteuse. «Que Total s'amuse à plomber aussi innocemment - pourrait-on dire - une image déjà ternie par sa vieille réputation de pompe à fric de la République mériterait, en d'autres circonstances, un grand coup de chapeau. Des gens aussi intelligents ont rarement fait aussi stupide.»
«Scandaleux», «stupide», Total est attaqué de partout, la direction se défend comme elle peut, annonçant par exemple des investissements majeurs au Havre qui permettront des embauches futures.
Mais, et c’est «le Dauphiné Libéré» qui conclut avec amertume, l’essentiel est ailleurs: «Même en précisant qu'"aucun licenciement sec n'est prévu", le roi du pétrole aura pourtant bien du mal à laisser croire qu'un peu de douceur existe dans son monde de brut.»
M.Gr. avec agence