Irlande: Catholiques et protestants unis face à la violence
Créé le 10.03.09 à 18h23
Mis à jour le 10.03.09 à 18h23
|
ATTENTATS - Quelle que soit leur confession, Britanniques et Irlandais condamnent unanimement les attaques meurtrières commises par les branches dissidentes de l'IRA...
Plus jamais ça. Ni l'Irlande du Nord, ni la Grande-Bretagne, ne veulent retomber dans le conflit interconfessionnel des années 70 et 80. Depuis samedi, date du
double attentat contre deux soldats britanniques, la presse anglais et irlandaise, mais aussi les internautes des deux pays, manifestent leur colère et leur refus d'un retour aux «vieux jours». «Il n'y aura pas de retour des troupes dans les rues» titre le «
Guardian», rapportant les déclarations du secrétaire d'Etat pour l'Irlande du Nord, Shaun Woodward.
«L'Irlande n'est plus focalisée sur l'opposition catholiques-protestants»
Au lendemain d'une deuxième attaque meurtrière, qui a coûté la vie à un policier, la population ne veut pas d'«une nouvelle campagne de la terreur». La violence des attaques a soulevé une telle émotion en Grande-Bretagne et en Irlande du Nord que «protestants et catholiques se sont spontanément rassemblés pour exprimer leur unité», relève le «
Guardian».
Jane a grandi en Irlande du Nord pendant la période de troubles, pour elle «la violence est devenue quelque chose de familier à force de vivre avec», mais après quelques années de paix, «ça me rend malade de voir que de tels actes, barbares et inutiles, sont encore commis. L'Irlande n'est plus focalisée sur l'opposition catholiques-protestants, nous sommes passé à autre chose», confie-t-elle à 20minutes.fr.
«Il est temps pour l'Assemblée de redoubler d'efforts»
Sur son édition en ligne, le quotidien «
Irish Time», reconnu comme neutre sur le sujet sensible de l’unité irlandaise, sonde ses lecteurs. «Pensez-vous que les institutions politiques d'Irlande du Nord soient assez fortes pour résister à ce regain de violence?». 72% des internautes répondent «oui». «Le problème n'est pas tant les attaques, mais l'attention que l'on y porte», commente un des votants. «Espérons que cette médiatisation ne provoquera pas un phénomène de contagion auprès d'autres groupes armés».
Sur Internet, les réactions fusent. «Il n'y aura de paix en Irlande qu'une fois toutes ces pourritures d'assassins disparues», clame un internaute sur un forum de discussion irlandais, où les commentaires se multiplient depuis dimanche. «Il est temps pour l'Assemblée de redoubler d'efforts pour que ces assassins restent marginaux», souligne un autre participant.
«Nous ne pouvons pas retomber dans ces vieilles haines. Nous sommes un pays fort et uni»
Sur Facebook, les messages ont inondé les «murs» des groupes opposés au terrorisme en Irlande du Nord. Anglais et Irlandais condamnent d'une même voix les trois meurtres. «J'espère que ces salauds seront vite arrêtés», écrit Debbye, originaire du nord de l'île. «Nous ne pouvons pas retomber dans ces vieilles haines. Nous sommes un pays fort et uni, même si un petit nombre essaie de semer le trouble, nous ne céderons pas», poursuit Daíbhid, depuis Manchester. L'Union des syndicats nord-irlandais lance même un appel à une marche silencieuse à Belfast mercredi 11 mars, via les réseaux sociaux sur Internet.
Si les réactions sont vives, les Britanniques n'oublient pas que la paix est encore fragile dans la région. «Ce que veulent ces assassins c'est le retour de l'armée en Irlande pour la reprise des combats. Il faudra juger ces hommes comme n'importe quels autres accusés afin de ne pas en faire des martyrs de la cause irlandaise», écrit Rich sur le site du «
Times». «Si la violence se fait persistante alors il faudra éloigner ces personnes rapidement pour empêcher toute propagation», propose-t-il. De son côté, Mike, un autre internaute du «Times», lance un appel aux médias: «S'il vous plaît, arrêtez de faire de la publicité gratuite à ces terroristes».
Vos réactions