Une vingtaine de personnes armées de barres de fer, bâtons et couteaux ont pénétré ce mardi dans un lycée professionnel de Gagny (Seine-Saint-Denis), à la recherche d'un élève qu'ils ont blessé ainsi que onze autres personnes, ont indiqué des sources concordantes à l'AFP.
Vers 10h30, un groupe de «20 à 25 individus non identifiés», cagoulés, selon la préfecture, est entré dans une salle de permanence du lycée Jean-Baptiste Clément. L'intrusion du groupe a donné lieu à «une rixe» et «des affrontements» dans la salle entre les agresseurs et certains élèves présents, selon une source judiciaire. Du mobilier a été jeté au sol et une vitre brisée par les intrus.
Un élève opéré pour sa blessure à la lèvre
Parmi les douze blessés légers, quatre ont été hospitalisés quelques heures. Une enseignante a été griffée superficiellement au thorax par un couteau. L'élève cible des assaillants était opéré ce mardi après-midi pour sa blessure à la lèvre, a précisé Xavier Darcos. «Il est insupportable que des violences de quartiers, des règlements de comptes entre bandes viennent s'exercer dans des établissements scolaires», a déclaré sur place le ministre de l'Education nationale, en qualifiant de «grave» l'intrusion. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a quant à elle fait part dans un communiqué de sa «profonde indignation».
Selon l'inspecteur d'académie, Daniel Auverlot, qui s'est aussi rendu sur place, «c'est un affrontement entre cités qui aurait pu se passer au stade ou au centre commercial», mais qui s'est déroulé «dans un lycée qui est le contraire de la caricature d'un établissement de cité».
D'après le rectorat, une «rivalité amoureuse» liée à une «très ancienne rivalité de bandes originaires de deux cités de la ville», «les Dahlias» et «Chesnay» serait à l'origine de l'intrusion.
Trois mineurs interpellés
Trois mineurs ont été interpellés et placés en garde à vue au commissariat de Gagny en fin de matinée. Ils y étaient toujours mardi soir.
Situé dans une zone pavillonnaire, à proximité d'un autre lycée, le lycée Jean-Baptiste Clément, qui compte 500 élèves, est «un bon lycée, bien géré» et d'«habitude bien sécurisé», selon Xavier Darcos. L'établissement a été fermé jusqu'à mercredi matin et une cellule de travail pour traiter les problèmes de sécurité a été installée.