Tourisme sexuel: un procès pour l'exemple

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Publié le 10 mars 2009.

JUSTICE - Deux hommes accusés de tourisme sexuel aggravé en Thaïlande et au Cambodge comparaissent ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Colmar...

Jean-Marc Malgarini, un Colmarien de 51 ans et Robert Chung, surnommé "Bob", un médecin franco-chinois de 72 ans, sont mis en examen pour avoir «sollicité, accepté ou obtenu» des relations sexuelles avec des prostituées de moins de 15 ans en Asie du sud-est.

Malgarini, contremaître de profession, se serait déplacé une trentaine de fois en Thaïlande et au Cambodge entre le début 2003 et juin 2007. Aux enquêteurs, il a déclaré s'y rendre pour «faire la fête».

En Asie du sud-est, il fait la connaissance du docteur Chung. Tous deux ont l'habitude d’aller dans un «village bordel», le "K11" près de Phnom Penh (Cambodge), et dans des hôtels. Ils filmaient leurs ébats avec les jeunes filles pour ramener des souvenirs de vacances. Sur les séquences, quelque 50 victimes ont été dénombrées, dont six âgées de moins de 10 ans.

Trois victimes retrouvées au Cambodge

Jean-Marc Malgarini est interpellé en septembre 2007 dans le cadre de l'opération "Koala" destinée à arrêter 21 utilisateurs français d'un site Internet pédophile italien. Les investigations peuvent démarrer.

Le Dr Chung est arrêté peu après à Roissy à son retour en France, avec l'aide de Jean-Marc Malgarini. Placé sous mandat de dépôt, comme son acolyte, Robert Chung est ensuite placé sous contrôle judiciaire contre caution.

L'enquête a fait un détour par le Cambodge. A partir des vidéos, trois victimes ont pu être retrouvées et entendues. Elles se souvenaient parfaitement des deux hommes.

Compétence universelle dans le cas de tourisme sexuel

Ce procès installe concrètement une procédure inédite. Selon le droit pénal classique, la juridiction française ne peut pas intervenir, mais la compétence est universelle dans le cas de tourisme sexuel. C’est une mesure exceptionnelle pour protéger les enfants mais elle ne permet pas de poursuivre aux assises sur la qualification de viol.

Les associations Thémis, Enfance et partage et Enfance majuscule se sont constituées parties civiles.

«C'est peu fréquent d'en arriver à ce stade de la recherche», a confié Me Anne-Carole Dreyfus, avocate de l'association Thémis «mais il n'y aura pas de victimes présentes». Avec ce procès, «il s'agira de prévenir et d'informer le public autant mineur que majeur sur la dangerosité de tels voyages», a-t-elle ajouté.

Ils risquent 7 ans d’emprisonnement

L'avocate de Jean-Marc Malgarini, Me Romy Lochert entend elle demander une analyse juridique des infractions reprochées: «Beaucoup de choses sont dites dans ce dossier mais pas démontrées».

Les deux hommes sont aussi poursuivis pour importation et détention d'images pédo-pornographiques. Ils encourent 7 ans d'emprisonnement.
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