Les responsables de GDF cités à comparaître

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Publié le 10 mars 2009.

Le procès de la catastrophe de la rue de la Martre s'est ouvert hier à Mulhouse (Haut-Rhin). Le tribunal correctionnel devra établir les responsabilités du drame, survenu le 26 décembre 2004. Ce jour-là, vers 17 h, une violente déflagration provoque l'effondrement d'un immeuble HLM de quatre étages, situé au n° 12 de la rue de la Martre, faisant dix-huit morts. Les experts établiront que la catastrophe a été causée par une fuite sur une canalisation de Gaz de France en fonte grise. Particulièrement cassant, ce matériau a été remplacé depuis par du polyéthylène, réputé plus solide.

A l'ouverture du procès, la directrice juridique de GDF Suez, Katia Chéron, s'est adressée aux victimes en réaffirmant « la responsabilité de l'entreprise dans la cause du drame, à savoir la cassure sur la canalisation qui aurait dû être remplacée ». Dans cette affaire, Gaz de France est poursuivi en tant que personne morale pour « homicides, blessures et destructions involontaires ».

Mais les débats d'hier ont été pour l'essentiel consacrés à la recevabilité de la citation de personnes physiques, dont l'ex-PDG de GDF Pierre Gadonneix, réclamée par deux parties civiles. Son avocat, Olivier Gutkes, estime que « GDF n'était pas entre les mains d'un seul homme. Par conséquent, il n'y a pas d'éléments pouvant permettre de caractériser une faute individuelle. » Des arguments rejetés par Sophie Pujol, avocate des parties civiles. « Pensez-vous qu'à Toulouse [dans l'affaire AZF], le tribunal correctionnel soit tombé sur la tête en décidant de citer des personnes physiques ? », a-t-elle plaidé.

Après s'être retiré trois-quarts d'heure pour délibérer, le tribunal a finalement ordonné « la jonction de la citation directe au dossier ». Ainsi, des dirigeants de GDF, dont Pierre Gadonneix, sont appelés à comparaître. Mais ils auront la possibilité d'être représentés par leurs avocats. Olivier Gutkes a d'ores et déjà indiqué que ce serait le cas pour son client. Malgré tout, Jean-Pierre Moppert, président de l'Association des victimes de la rue de la Martre, s'est déclaré « content d'en être arrivé à ce point. Ce que nous avons obtenu aujourd'hui est très important pour nous. » ■

Ludovic Meignin
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