POLEMIQUE - Thierry Herzog est l'un des quinze membres du groupe de travail. Sa proximité avec le chef de l'Etat suscite les critiques des magistrats...
«Je ne vois pas en quoi le fait d'être un ami du Président pose problème», lance Thierry Herzog à 20minutes.fr. «C'est me faire beaucoup d'honneur que de croire que ma voix est plus importante que celle des quatorze autres membres de la commission». Pourtant sa présence au sein du comité de réflexion sur la réforme pénale, qui prévoit notamment la suppression du juge d'instruction, ne laisse pas indifférente. D’autant que ce n'est pas la première fois que la
présence d'un proche du Président au sein d'instances ou de groupes de réflexion suscite l'émoi.
Le soupçon de partialité
Ce n'est pas tant la personnalité de Thierry Herzog qui dérange que «l'image que peut donner sa présence au sein du comité, sur l'impartialité du groupe de réflexion», explique Matthieu Bonduelle, secrétaire national du Syndicat national de la magistrature (SNM). «Nous ne remettons pas en cause les compétences de Me Herzog, mais nous voulons souligner qu'en raison de sa relation avec le chef de l'Etat, sa nomination légitime le soupçon de partialité qui pèse sur le comité».
Thierry Herzog, qui s'est illustré dans la défense de personnalités politiques telles que Xavière et Jean Tibéri, est aujourd'hui l'avocat personnel du Président. Un faux problème pour l'intéressé qui souligne que «la composition du comité est représentative et donc légitime». Pour le secrétaire national du SNM, la présence de l'avocat « n'est qu'une illustration du problème de la composition du comité plus généralement». Les magistrats dénoncent, en effet, un comité en service commandé «qui suit les commandes de Nicolas Sarkozy» sur cette réforme.
Maud Descamps