Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a qualifié ce samedi d'«inacceptables» les incidents survenus en Martinique, où des policiers ont essuyé des tirs. La veille, Yves Jégo avait indiqué souffrir «de voir ces images de Martiniquais qui se déchirent entre eux». «J'espère que l'esprit de responsabilité va triompher», a affirmé vendredi soir le secrétaire d'Etat, qui était l'invité du journal de Télé-Guadeloupe et s'exprimait en duplex depuis le siège de RFO à Malakoff (Hauts-de-Seine).
Un peu plus tôt, le préfet de Martinique avait lancé un appel au calme. «Je voudrais faire un appel solennel à la population parce qu'aujourd'hui des incidents extrêmement graves ont eu lieu», a déclaré Ange Mancini vendredi soir sur RFO.Le préfet a «remercié personnellement» le député-maire de Fort-de-France Serge Letchimy, qui s'est interposé à plusieurs reprises pour calmer les gens. Ce dernier (Parti progressiste martiniquais, PPM, app-PS) a été pris en charge par les pompiers à l'intérieur de la Maison des syndicats «pour un malaise après avoir trop respiré de gaz lacrymogènes».
Les premiers incidents intervenus lors de cette opération escargot, qui se tenait sur la rocade de la ville, se sont rapidement propagés au centre-ville. La Maison des syndicats, siège du «Collectif du 5 février» qui mène le mouvement contre la vie chère et la paralysie économique de l'île depuis un mois, a été envahie de gaz lacymogènes, tandis que des affrontements se déroulaient dans des rues adjacentes.
«Des coups de feu tirés sur les forces de l'ordre»
«Des heurts extrêmement violents» ont eu lieu dans le centre, «où des coups de feu ont à nouveau été tirés sur les forces de l'ordre», a poursuivi le préfet Mancini. «Trois policiers ont été légèrement blessés par des plombs» de munitions de chasse, a-t-il précisé.
«Nous utiliserons tous les moyens nécessaires avec la mesure nécessaire pour éviter des drames», a-t-il assuré déplorant les «dommages collatéraux» mais fustigeant les «petits malfaiteurs» qui «agressent les forces de l'ordre».
«Le Collectif n'a rien à voir avec cette violence», a assuré le préfet, interrogé peu après sur ATV (chaîne locale privée), estimant que les incidents étaient le fait de «gens qui profitent de la situation».