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Pécresse plie face aux chercheurs

Le décret litigieux est réécrit, mais la mobilisation ne s'arrête pas là. Les syndicats de l'enseignement supérieur ont maintenu, hier, l'appel à une journée nationale de manifestations, prévue aujourd'hui. Ils ont pourtant quitté la veille, après dix heures de négociations, la ministre Valérie Pécresse en étant satisfaits de l'issue des discussions autour de la réforme du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs. Comme nous le confirme Thierry Cadart, du Sgen-CFDT : « La ministre a fait preuve d'une vraie volonté d'aboutir, quitte à faire des concessions. On a quand même considérablement réécrit le décret », se réjouit-il.

Désormais, la modulation du service entre recherche et cours - l'une des principales pommes de discorde - sera discutée avec le professeur et ne pourra plus lui être imposée. Et l'évaluation se fera par les pairs, et non par un comité d'universitaires sans lien direct avec la discipline concernée.

Reste la question de la promotion des professeurs, qui devrait être mise sur la table demain, lors d'une nouvelle séance de négociations. AutonomeSup a freiné, hier, l'optimisme ambiant en évoquant un « désaccord » possible sur cette question-là.

Forts d'avoir fait reculer la ministre après plusieurs semaines d'intense mobilisation, les syndicats ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin. Leurs défilés s'attaqueront désormais au recrutement à bac+5 des enseignants, à l'avenir de la recherche et, en filigrane, à la refonte souhaitée de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Des cortèges nourris suivront-ils ? Pas sûr. ■

Laure de Charette
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