«Les signataires appellent à la reprise de l'activité normale», indique ce document, obtenu par l’AFP auprès de la préfecture.
La signature a eu lieu vers 20h locale (1h ce jeudi) à Paris, dans la salle du Port autonome de Pointe-à-Pitre, où ont eu lieu l'essentiel des négociations. A l'extérieur du bâtiment, plusieurs centaines de sympathisants du LKP étaient rassemblés. Avant d'aller signer, les ténors du collectif leur avaient lu les principaux points de l'accord approuvés par des applaudissements.
Ce texte, extrêmement détaillé, compte 165 articles, et traite de sujets aussi divers que le prix de la baguette, l'embauche d'enseignants ou l'octroi de billets d'avions à prix réduits. Il récapitule les avancées obtenues depuis le dépôt, le 20 janvier, des 146 revendications du LKP pour accroître le pouvoir d'achat. >>> Les principaux points de l'accord, c'est par ici.
L'accord «Jacques Bino», signé par les organisations patronales minoritaires, qui prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires, lui est annexé.
«Aujourd'hui, c'est la lutte qui paye», a réagi Eli Domota, à l'issue de la signature: «Il faut continuer à rester mobilisés et continuer à se battre». «Nous militons toujours pour l'extension de l'accord (Jacques Bino) dans toutes les entreprises de Guadeloupe», a-t-il souligné.
Dimanche, il avait dit son intention d'aller «d'entreprise en entreprise» pour faire signer l'accord qui a notamment été rejeté par le Medef. Entre temps, l'organisation patronale avait fait un pas, son président guadeloupéen ayant «recommandé» à ses membres de «verser des primes de vie chère qui évolueront entre 50 et 100 euros».
Elie Domota, qui a porté le mouvement de contestation en Guadeloupe, au point d'en devenir la figure emblématique, a dit ne ressentir «aucune émotion particulière», à la signature de l'accord. Le préfet Nicolas Desforges s'est lui dit «soulagé, ému et content».
Et maintenant la Réunion?
Sans attendre la signature de l'accord, la vie reprenait lentement son cours mercredi à Pointe-à-Pitre, même si beaucoup d'entreprises restées fermées. Le paiement des jours de grève, ni explicitement acquis, ni proscrit par l'accord, semble laissé à la négociation au sein des sociétés.
En Martinique, qui sera en grève générale depuis un mois jeudi, les négociations se prolongeaient mercredi soir. La plupart des magasins demeuraient fermés et les barrages paralysaient toujours l'activité économique.
A plusieurs milliers de kilomètres, un nouveau front s'est dessiné, un collectif rassemblant une quarantaine d'organisations appelant les Réunionnais à descendre dans la rue jeudi pour une importante journée de grève.