MEXIQUE - Nicolas Sarkozy se rendra au Mexique dimanche ...
Il était 15h45, ce mercredi, quand le téléphone a sonné dans le bureau de l'avocat Franck Berton. Depuis sa prison de Tepepan, Florence Cassez a tenu à faire part de sa détresse aux journalistes. «C'est pas possible. Je crois que le juge n'a jamais étudié mon dossier. On m'a refusé le droit de le rencontrer, a-t-elle lâché entre deux sanglots. Sarkozy est mon dernier espoir. Ma vie est entre ses mains. Il faut qu'on me sorte d'ici.» Un peu plus tôt au même endroit, son père n'en demandait pas moins. «J'espère qu'elle va tenir le coup. Le droit de grâce est notre seule raison d'espérer. Tout ce que je veux maintenant, c'est que le Président revienne avec elle ce week-end...»
Le transfert vers la France: «Une possibilité»
Nicolas Sarkozy évoquera le cas de Florence Cassez
, lourdement condamnée en appel, lors de sa visite à partir de dimanche au Mexique, l'objectif étant «d'obtenir son transfert» en France. Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement l'a annoncé ce mercredi sur RFI. Une requête qui semble en bonne voie, puisque le président mexicain Felipe Calderon a cité mercredi comme une «possibilité» un éventuel transfert en France de Florence Cassez.
La veille, cette Française de 34 ans, interpellée en décembre 2005 pour enlèvement en compagnie d'une bande de malfaiteurs, a vu sa peine de prison réduite
en appel par un juge mexicain. Après avoir fait l'objet de déclarations contradictoires, celle-ci passe bien de 96 ans
à 70 ans, la loi mexicaine prévoyant de toute façon que la durée maximale d'incarcération est de 60 ans. La peine est assortie d'une amende de 300.000 dollars
. «On m'a retiré mon dernier espoir», avait-elle confié à l’annonce de la décision. «C'est un scandale, une honte. Une atteinte à la liberté et à la vie. Tout démontre son innocence», a dénoncé son avocat français, Franck Berton, selon lequel «il n'y a eu aucun procès contradictoire».
Trois solutions possibles
Dans une conférence de presse, l'avocat et le père de Florence Cassez ont évoqué les trois possibilités qui sont désormais envisageables. La voie judiciaire, avec une procédure d'
amparo, recours prévu par la justice mexicaine, qui pourrait prendre un ou deux ans pour statuer ou une extradition vers la France, avec une peine commuée en vingt ans d'emprisonnement. Deux solutions qui ne sont pas privilégiées.
L'entourage de Florence Cassez préfèrerait de loin la grâce présidentielle et souhaite que Nicolas Sarkozy en fasse la demande à son homologue mexicain lors de son déplacement. Pas sûr que Felipe Calderon accède à cette requête, qui reviendrait à un désaveu implicite de son ministre de la sécurité publique, qui s'est dit convaincu de la culpabilité de la jeune femme.
Carla Bruni demandée au parloir
De son côté, l'Elysée a d'ailleurs rappelé que Florence Cassez est considérée comme coupable par la justice mexicaine. Dans un courrier adressé au président, le père de cette dernière demande néanmoins à Carla Bruni de faire le déplacement et de lui rendre une visite symbolique en prison.
En
mai 2008, ses parents avaient été
reçus par le président
Nicolas Sarkozy, qui avait promis de suivre le dossier de près. «Alors que le président français a suivi personnellement l'évolution de ce dossier, annoncer à quelques jours de son voyage officiel une telle condamnation est non seulement un camouflet pour la France, mais aussi une provocation vis-à-vis du président français», ont affirmé Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile-de-France, Alain Fouché, sénateur de la Vienne et Jean-René Lecerf, sénateur du Nord, région d'origine de la jeune femme. «Tout son dossier confirme son innocence», ont-ils insisté.
Simulacre d'arrestation
En détention depuis plus de trois ans au Mexique, la jeune femme originaire du nord de la France avait été condamnée en 2008 à 96 ans de prison pour quatre enlèvements et possession d'armes.
Elle avait été interpellée en décembre 2005 dans une ferme où son ex-fiancé mexicain, Israel Vallarta, considéré comme le chef d'une bande criminelle, a avoué avoir séquestré plusieurs personnes. Le lendemain, un simulacre d'arrestation avait été organisé devant des caméras de télévision. Florence Cassez a toujours affirmé qu'elle ignorait les activités de son ex-fiancé.
Vincent Vantighem, à Lille, et Julien Ménielle