JUSTICE - Pour le préfet aux paillotes, l'implication du berger de Cargèse dans l'assassinat de Claude Erignac reste «crédible»...
Les avocats d'Yvan Colonna veulent une nouvelle
reconstitution. Une demande qui intervient ce lundi, alors le que l'ex-préfet de Corse Bernard Bonnet a de nouveau jugé «crédible» l'implication de l'accusé dans l'assassinat de Claude Erignac. La semaine précédente,
plusieurs témoins n'ont cependant
pas reconnu le berger corse.
Afin de confronter les différentes versions, la défense souhaite la présence en Corse «de toutes les parties ». C'est-à-dire les témoins oculaires du crime, les experts
balisticien et
légiste, l'accusé mais aussi les six membres du commando condamnés en 2003. Ces derniers avaient refusé, le 9 décembre 2007, de se rendre à la première reconstitution qui s'était déroulée à huis clos.
Une implication «tout à fait crédible»
En attendant de rendre sa décision, la cour a entendu le témoignage de celui qui a succédé à Claude Erignac en tant que préfet de Corse. «Des éléments précis, convergents me fondent à dire aujourd'hui qu'ils rendent tout à fait crédible l'implication d'Yvan Colonna dans l'assassinat du préfet», a déclaré Bernard Bonnet.
Aujourd'hui retraité et âgé de 61 ans, l'homme connaît bien les tribunaux pour les avoir fréquentés dans l'affaires des
paillotes pour laquelle il a été condamné à trois ans d'emprisonnement dont un an ferme. Il affirme avoir eu «à partir de juin 1998» des «informations de plus en plus précises» de la part d'un informateur encore à ce jour anonyme et baptisé «Corte», qu'il a qualifié de «héros de l'enquête».
Un Colonna au FLNC
«La source Corte, je ne révèlerai jamais son existence... euh son nom!», s'est exclamé Bernard Bonnet dans un lapsus. Il répondait à l'un des avocats de Colonna, Gilles Simeoni, qui mettait en doute la crédibilité de ce témoignage. Réfutant avoir mené «une enquête parallèle», l'ancien préfet affirme cependant qu'il «tient pour probable» qu'Yvan Colonna ait appartenu au secteur de Cargèse-Sagone du FLNC dans lequel il aurait eu un «rôle majeur».
Dans les notes remises à l'époque par le préfet Bonnet à sa hiérarchie, ce n'est pourtant pas le nom d'Yvan Colonna qui apparaissait, mais celui de son frère Stéphane. L'avocat général Christophe Teissier a d'ailleurs fait remarquer que «l'appartenance» du berger au FLNC n'apparaissait pas dans la procédure. Qu'importe, Bernard Bonnet reste sur ses positions du procès de première instance fin 2007: Colonna a «
le profil».
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J.M. avec agence